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Le tunnel GRE

06/11/2015 Comments off

Les tunnels

tunnel greGrâce à un tunnel, il est possible de passer directement d’un point à un autre, sans devoir subir les affres de la circulation à la surface. Les tunnels informatiques s’en rapprochent fortement, en proposant un moyen de relier « directement » deux réseaux privés distants, à travers un inter-réseau aussi complexe que l’internet.

Il existe une grande quantité de moyens pour réaliser des tunnels informatiques. PPP peut être considéré comme un tunnel dans des configurations comme PPPoE ou PPPoA. L2TP (Layer 2 Tunneling Protocol), est utilisé sur les réseaux des opérateurs, par exemple dans les connexions ADSL non dégroupées.

PPTP (Point to Point Tunneling Protocol), utilisé par Microsoft, ou encore les tunnels sur IPSec sont d’autres solutions. L’objectif de ce chapitre est de monter le fonctionnement d’un tunnel sur IP à travers une implémentation standardisée : le tunnel GRE, puis à travers une solution plus sécurisée : OpenVPN.

Merci à _SebF, créateur du site frameip.com, pour son aimable collaboration.

Le principe

Imaginons que nous ayons à intervenir sur deux réseaux privés différents, géographiquement éloignés, les réseaux A et B. Si nous voulons interconnecter ces deux réseaux, nous avons à priori deux possibilités :

  • L’une chère, qui consiste à utiliser une liaison spécialisée, proposée par tout bon opérateur de télécoms. Les technologies utilisées par ces opérateurs afin de créer notre réseau privé sont principalement du type ATM1), MPLS2) et, plus anciennement, Frame Relay.
    Les avantages apportés sont la garantie d’un SLA3) et d’une étanchéité renforcée,
  • l’autre, moins chère, qui consiste à interconnecter ces deux réseaux via de l’internet public.

Oui, mais la seconde solution, à priori moins chère, sera plus limitative.

  • Soit, comme c’est le plus souvent le cas, nous ne disposerons que d’une seule adresse IP publique pour accéder à chaque réseau et dans ce cas, nous ne pourrons pas faire facilement communiquer n’importe quelle machine du réseau A avec n’importe quelle machine du réseau B, puisque ces LANs seront montés avec des adresses IP privées. (Voyez le Partage de connexion, mis en œuvre dans de telles configurations),
  • Soit nous disposons de suffisamment d’adresses IP publiques pour monter nos réseaux avec ces adresses, mais alors, toutes nos machines seront directement exposées sur le Net. Cher et difficile (il n’est pas simple, et encore moins gratuit d’obtenir des plages, même petites,  d’adresses IPv4 publiques, encore qu’avec IPv6, ce sera tout à fait réalisable) et pour le moins dangereux.

Comment faire alors ?

Créer une ligne spécialisée virtuelle, qui passera par l’internet, mais qui fonctionnera presque comme une liaison spécialisée.  Bien sûr, pour ce faire, un tunnel est nécessaire afin de créer l’interconnexion, de garantir l’étanchéité. L’avantage est de ne pas être dépendant d’un opérateur et ainsi, de pouvoir choisir la sortie Internet de chaque site indépendamment les unes des autres. Rien en effet n’interdit de construire plusieurs tunnels, éventuellement sur des connexions internet différentes. Nous disposons de plusieurs technologies telles que PPtP, IPSec et celles qui nous intéressent dans cette documentation : Le tunnel GRE et OpenVPN.

Au niveau IP, un tunnel se présente comme ceci :

vpn-1

Et nous aurons l’impression d’avoir à peu près cela :

vpn-2

Bien que la première couche IP circule normalement sur l’internet, en suivant les routes définies par les opérateurs, celle-ci transporte une seconde couche IP et sur cette couche, tout va se passer comme si les deux routeurs communiquaient directement, par l’intermédiaire d’un réseau IP ne comportant que deux nœuds : les deux routeurs.

Grâce à ce tunnel, tout nœud du réseau A pourra communiquer avec tout nœud du réseau B, les deux réseaux étant construits avec des adresses IP privées.

Super non ?

Oui, mais souvenez-vous que IPv4 est un protocole qui n’est pas sécurisé, que nous allons l’utiliser et qui plus est, sur un réseau plutôt mal famé. L’opération n’est donc pas sans risques.

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