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Comment contourner la censure sur Internet ?

11/02/2019 Categories: Logiciel, News, Tutoriel Tags: , ,
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contourner censure internetSource: Developpez.com

1. Introduction

Le 10 décembre 1948, l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’Assemblée générale des Nations unies a marqué le début d’une nouvelle ère.

Un des droits fondamentaux décrits par l’article 19 de la Déclaration universelle est le droit à la liberté d’expression. Il y a 60 ans, lorsque ces mots ont été écrits, personne n’imaginait la façon dont le phénomène global qu’est Internet étendrait la capacité des gens à chercher, recevoir et transmettre des informations, pas seulement à travers les frontières, mais aussi à une vitesse hallucinante et sous des formes pouvant être copiées, éditées, manipulées, recombinées et partagées avec un petit nombre ou un large public, d’une manière fondamentalement différente des moyens de communication existant en 1948. Ce guide introduit et explique l’utilisation de quelques logiciels et techniques parmi les plus utilisés pour outrepasser la censure.

Il apporte aussi des informations pour éviter la surveillance et la détection lors du contournement de la censure. Attention, ce document n’est pas un document de hacking, vous n’y trouverer aucune technique par exemple pour contourner votre proxy d’entreprise. Ce livre vous est offert par Floss Manuals

1-1. Plus d’informations et autant d’endroits inimaginables▲

L’incroyable augmentation ces dernières années de ce qui est disponible sur Internet et des lieux où se trouve l’information a eu pour effet de mettre une partie incroyablement vaste du savoir humain et de ses activités à disposition, et à des endroits que nous n’imaginions pas : dans un hôpital d’un lointain village de montagne, dans la chambre de votre enfant de 12 ans, dans la salle de conférence où vous montrez à vos collègues le design du nouveau produit qui vous donnera de l’avance sur la concurrence, chez votre grand-mère. Dans tous ces endroits, se connecter au monde ouvre un nombre impressionnant d’opportunités pour améliorer la vie des gens. Si vous attrapez une maladie rare pendant vos vacances, le petit hôpital du village peut vous sauver la vie en envoyant vos analyses à un spécialiste de la capitale, voire dans un autre pays ; votre enfant de 12 ans peut faire des recherches pour son projet scolaire ou se faire des amis à l’étranger ; vous pouvez présenter votre nouveau produit à des responsables de bureaux du monde entier simultanément et ils pourront vous aider à l’améliorer ; votre grand-mère peut rapidement vous envoyer par mail sa recette spéciale de tarte aux pommes afin que vous ayez le temps de la faire pour le dessert de ce soir. Mais Internet ne contient pas seulement des informations pertinentes et utiles à l’éducation, l’amitié ou la tarte aux pommes. Comme le monde, il est vaste, complexe et souvent effrayant. Il est également accessible à des gens malveillants, avides, sans scrupules, malhonnêtes ou simplement malpolis, tout comme il est accessible à vous ainsi qu’à votre enfant de 12 ans et à votre grand-mère.

1-2. Personne ne veut laisser entrer chez soi le monde entier▲

Avec le meilleur et le pire de la nature humaine transposés sur Internet et certains types d’escroquerie et de harcèlement rendus plus faciles par la technologie, il n’est pas surprenant que la croissance d’Internet ait été accompagnée de tentatives de contrôle de l’utilisation qui en est faite. Les motivations sont nombreuses, telles que :

  • protéger les enfants de contenus perçus comme inappropriés ou limiter leur contact avec des gens pouvant leur nuire ;
  • réduire le flot d’offres commerciales non désirées dans les e-mails ou sur le web ;
  • contrôler la taille du flux de données auquel chaque utilisateur est capable d’accéder en même temps ;
  • empêcher les employés de partager des informations considérées comme la propriété de leur employeur, d’utiliser une ressource technique de ce dernier ou leur temps de travail dans le cadre d’activités personnelles ;
  • restreindre l’accès à des contenus ou activités en ligne bannis ou réglementés dans une juridiction spécifique (un pays ou une organisation comme une école) tels que du contenu explicitement sexuel ou violent, des drogues ou de l’alcool, des jeux et de la prostitution, des informations sur des groupes religieux, politiques ou autres groupes et idées réputés dangereux.

Certaines de ces préoccupations impliquent de permettre aux gens de contrôler leur propre expérience d’Internet, par exemple en utilisant des filtres bloquant les spams sur leur propre compte e-mail, mais d’autres préoccupations impliquent de restreindre la manière dont d’autres personnes peuvent utiliser Internet et ce à quoi elles peuvent ou non accéder. Ce dernier cas entraine d’importants conflits et désaccords lorsque les personnes dont l’accès est restreint ne pensent pas que le blocage soit approprié ou dans leur intérêt.

1-3. Qui filtre ou bloque Internet ?▲

Les personnes ou institutions qui tentent de restreindre l’utilisation d’Internet à certains utilisateurs sont aussi nombreuses et diversifiées que leurs objectifs. Cela inclut les parents, les écoles, les sociétés commerciales, les cybercafés, les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) et les gouvernements à différents niveaux. L’extrémité du spectre du contrôle d’Internet, c’est quand un gouvernement tente de restreindre la possibilité à l’ensemble de sa population d’utiliser Internet pour accéder à toute une catégorie d’information ou de partager librement des informations avec le monde extérieur. Les recherches menées par l’OpenNet Initiative (http://opennet.net) ont montré les différentes manières que les pays utilisent pour filtrer et bloquer l’accès à Internet à leurs citoyens. On y compte des pays qui utilisent des politiques de filtrage invasives, pris en flagrant délit de blocage généralisé des accès aux organisations de défense des droits de l’homme, aux nouvelles, aux blogs et services Web, défiant le statu quo ou jugés menaçants ou indésirables. D’autres pays bloquent l’accès à certaines catégories de contenus, ou de façon intermittente, vers certains sites Web ou services réseau lors d’évènements stratégiques : élections ou autres manifestations publiques. Même des pays défenseurs de la liberté d’expression essaient quelquefois de limiter ou de surveiller l’utilisation d’Internet en supprimant la pornographie, les contenus qualifiés de « discours haineux », le terrorisme, les autres activités criminelles, les correspondances militaires ou diplomatiques fuitées ou encore les infractions au copyright.

1-4. Filtrer mène à surveiller▲

Chacun de ces groupes, officiel ou privé, peut aussi utiliser diverses techniques visant à surveiller l’activité en ligne des personnes qui l’inquiètent, pour être sûr que les tentatives de restriction fonctionnent. Ceci va des parents regardant par-dessus l’épaule de leurs enfants ou vérifiant les sites visités depuis leur ordinateur aux sociétés surveillant les e-mails de leurs employés, en passant par les agences chargées de faire respecter la loi qui demandent des informations aux fournisseurs d’accès Internet, voire saisissent votre ordinateur comme preuve d’activités « indésirables ».

1-5. Quand la censure existe-t-elle ?▲

Selon qu’on se place du point de vue de celui qui restreint l’accès à Internet et/ou surveille son utilisation ou de celui de la personne pour qui cet accès devient limité, presque aucun de ces objectifs, quelle que soit la méthode utilisée pour y parvenir, ne peut être considéré comme légitime et nécessaire. Il s’agit d’une censure inacceptable et d’une violation fondamentale des droits de l’homme. Un adolescent dont l’école bloque l’accès à son jeu en ligne favori ou à un réseau social comme Facebook va trouver sa liberté personnelle limitée tout autant qu’un citoyen dont le gouvernement interdit de lire un journal en ligne sur l’opposition politique.

1-6. Qui bloque mon accès à Internet ?▲

L’identité des acteurs en mesure de restreindre l’accès à Internet sur un ordinateur donné, dans n’importe quel pays donné, dépend de qui a la possibilité de contrôler des parties spécifiques de l’infrastructure technique. Ce contrôle peut être basé sur des relations ou des exigences légalement établies, sur la capacité du gouvernement ou d’autres institutions de faire pression sur ceux qui détiennent le contrôle légal de l’infrastructure technique pour satisfaire des demandes de blocage, de filtrage ou de collecte d’informations. De nombreuses parties de l’infrastructure internationale sur lesquelles s’appuie Internet sont sous le contrôle de gouvernements ou d’agences contrôlées par des gouvernements, lesquels peuvent effectuer ces restrictions, en accord avec la loi locale ou non. Le filtrage ou le blocage de parties d’Internet peut être un processus complexe ou très simple, nettement défini ou presque invisible. Certains pays reconnaissent publiquement le blocage, publient leurs critères de blocage et remplacent les sites bloqués par des messages explicatifs. D’autres pays n’ont pas de politique claire et s’appuient parfois sur des interprétations floues ou incertaines pour faire pression sur les FAI afin d’exercer le filtrage. Dans certains cas, le filtrage est déguisé en faille technique et les gouvernements ne prennent pas ouvertement la responsabilité de reconnaître le blocage délibéré d’un site. Les opérateurs réseau, y compris d’un même pays et soumis aux mêmes règlementations, peuvent procéder au filtrage de plusieurs manières par prudence, par ignorance technique ou par compétition commerciale. À tous les niveaux possibles de filtrage, depuis l’individu jusqu’à l’échelle nationale, les difficultés techniques rencontrées lors du blocage précis de ce qui est considéré comme indésirable peuvent avoir des conséquences inattendues et souvent ridicules. Les filtres parentaux censés bloquer les contenus à caractère sexuel empêchent l’accès à des informations médicales utiles. Les mesures antispam peuvent supprimer des correspondances professionnelles importantes. Les tentatives pour bloquer l’accès à certains nouveaux sites peuvent aussi couper l’accès à des ressources éducatives.

1-7. Quelles méthodes existent pour contourner le filtrage ?▲

Tout comme de nombreux individus, des entreprises et des gouvernements voient Internet comme une source d’information dangereuse qui doit être contrôlée. De nombreux individus et collectifs travaillent dur pour s’assurer qu’Internet et les informations qu’on y trouve soient librement accessibles à toute personne qui le souhaite. Ces personnes ont autant d’intentions différentes que celles qui cherchent à contrôler Internet. Toutefois, pour ceux dont la connexion à Internet est limitée et qui veulent en changer, peu importe que les outils aient été développés par quelqu’un qui voulait discuter avec sa petite amie, écrire un manifeste politique ou envoyer des spams. Une grande quantité d’énergie fournie par des groupes commerciaux, des associations à caractère non lucratif et des bénévoles dévoués à l’élaboration d’outils et de techniques pour contourner la censure sur Internet a permis la création de méthodes de contournement des mesures de filtrage d’Internet. Elles peuvent aller du simple canal sécurisé au programme informatique complexe. Cependant, elles fonctionnent à peu près toutes en indiquant à votre navigateur web de faire un détour par un ordinateur intermédiaire, appelé proxy, qui :

  • est situé dans un lieu non soumis à la censure d’Internet ;
  • n’a pas été bloqué depuis l’endroit où vous vous trouvez ;
  • sait comment récupérer et renvoyer du contenu à des utilisateurs tels que vous.

1-8. Quels sont les risques d’utilisation des outils de contournement ?▲

Seul vous, qui espérez contourner les restrictions de votre accès Internet, êtes capable de décider s’il y a des risques notables à accéder à l’information que vous recherchez, mais aussi si le bénéfice est plus important que les risques encourus. Il n’y a peut-être aucune loi qui bannit spécifiquement l’information que vous voulez ou le fait d’y accéder. À l’inverse, le manque de sanctions légales ne signifie pas que cela ne présente aucun risque pour vous comme le harcèlement, la perte de votre emploi ou pire. Les chapitres suivants expliquent comment fonctionne Internet, décrivent différentes formes de la censure en ligne et présentent des outils et techniques variés qui pourraient vous aider à contourner ces limites à la liberté d’expression. Le problème global de la vie privée et de la sécurité sur Internet sera étudié tout au long de ce livre qui commence par traiter les bases, puis s’intéresse à quelques sujets plus avancés et se termine par une brève section destinée aux webmasters et aux spécialistes des ordinateurs souhaitant aider les autres à contourner la censure d’Internet.

2. À propos de ce guide▲

Ce guide introduit et explique l’utilisation de quelques logiciels et techniques parmi les plus utilisés pour outrepasser la censure. Il apporte aussi des informations pour éviter la surveillance et la détection lors du contournement de la censure. Cependant, s’agissant d’un sujet très vaste, nous n’en parlerons que si nécessaire. Une discussion complète sur les techniques d’anonymat et sur le contournement de la détection de contenus ou d’activités est au-delà de la portée de ce livre.

2-1. Comment et par qui ce livre a-t-il été écrit ?▲

Le contenu de la première version de ce livre a été, en grande partie, rédigé lors d’un book sprint en novembre 2008 dans les belles montagnes de l’État de New York aux États-Unis. Huit personnes ont travaillé ensemble de manière intensive pendant cinq jours pour le créer. La nouvelle version du guide que vous lisez en ce moment a été assemblée durant un second book sprint organisé près de Berlin en Allemagne début 2011. Cette fois, onze personnes ont travaillé ensemble et sans relâche pendant cinq jours. Ce livre destiné à évoluer est bien sûr disponible gratuitement sur Internet où vous pouvez le modifier et l’améliorer. En plus des contenus écrits durant les deux book sprints, ce manuel contient des contenus issus de publications précédentes. Ceci ajoute les contributions de :

  • Ronald Deibert ;
  • Ethan Zuckerman ;
  • Roger Dingledine ;
  • Nart Villeneuve ;
  • Steven Murdoch ;
  • Ross Anderson ;
  • Freerk Ohling ;
  • Frontline Defenders ;
  • Hal Roberts, Ethan Zuckerman, Jillian York, Robert Faris et John Palfrey du Centre Berkman pour Internet et la Société à l’université Harvard.

Ces auteurs ont gentiment accepté de nous laisser utiliser leur travail dans un contexte sous licence GPL. Ce guide a été écrit dans les guides FLOSS (Free/Libre and Open Source Software). Pour l’enrichir, suivez les étapes suivantes :

2-2. S’inscrire▲

Inscrivez-vous sur les guides FLOSS :

http://booki.flossmanuals.net/

2-3. Contribuez !▲

Choisissez un manuel (http://booki.flossmanuals.net/bypassing-censorship/edit/) et un chapitre sur lequel vous souhaitez travailler. Pour toute question relative à une contribution, rejoignez-nous sur le salon de discussion indiqué ci-dessous et contactez-nous ! Nous attendons votre contribution avec impatience ! Pour plus d’information sur l’utilisation des guides FLOSS, vous pouvez aussi lire notre guide :

http://en.flossmanuals.net/FLOSSManuals

2-4. Chat▲

C’est une bonne idée de discuter avec nous, cela permet de coordonner toutes les contributions. Nous avons un salon de discussion dédié sur IRC (Internet Chat Relay). Si vous savez comment utiliser IRC, vous pouvez vous connecter grâce aux informations suivantes : Serveur : irc.freenode.net Canal : #booksprint Si vous ne savez pas utiliser IRC, le site web suivant vous donne accès à un logiciel de discussion depuis votre navigateur internet :

http://irc.flossmanuals.net/

De l’aide pour l’utilisation de ce client IRC web est disponible à l’adresse suivante :

http://en.flossmanuals.net/FLOSSManuals/IRC

2-5. Liste de diffusion▲

Pour discuter de n’importe quel sujet à propos des guides FLOSS, inscrivez-vous sur notre liste de diffusion :

http://lists.flossmanuals.net/listinfo.cgi/discuss-flossmanuals.net

3. Démarrage rapide▲

Internet est censuré quand les personnes ou groupes de personnes qui contrôlent un réseau empêchent les utilisateurs d’accéder à certains contenus ou services. La censure sur Internet revêt plusieurs formes. Par exemple, des gouvernements peuvent bloquer les services e-mails habituels pour contraindre les citoyens à utiliser un service de messagerie étatique qui peut être facilement surveillé, filtré ou fermé. Les parents peuvent contrôler le contenu auquel accèdent leurs enfants mineurs. Une université peut empêcher les étudiants d’accéder à Facebook depuis la bibliothèque. Un gérant de cybercafé peut bloquer le partage de fichiers en peer-to-peer (P2P). Les régimes autoritaires peuvent censurer les rapports sur les atteintes aux droits de l’homme ou sur les fraudes lors des précédentes élections. Les gens ont des points de vue très variables sur la légitimité de ces formes de censure.

3-1. Contournement▲

Le contournement est l’action de déjouer la censure d’Internet. Il y a bien des moyens de le faire, mais pratiquement tous les outils fonctionnent d’une manière similaire. Ils ordonnent à votre navigateur de passer par un ordinateur intermédiaire, appelé proxy, qui :

  • est situé dans un lieu non soumis à la censure d’Internet ;
  • n’a pas été bloqué depuis l’endroit où vous vous trouvez ;
  • sait comment récupérer et renvoyer du contenu à des utilisateurs tels que vous.

3-2. Sécurité et Anonymat▲

Gardez bien à l’esprit qu’aucun outil n’est la solution idéale pour votre situation. Les différents outils offrent des degrés de sécurité variables, mais la technologie ne peut éliminer les risques physiques que vous prenez en vous opposant au pouvoir en place. Ce livre contient plusieurs chapitres expliquant comment fonctionne Internet, ce qui est important pour comprendre la censure et comment la déjouer sans se mettre en danger.

3-3. Il y a beaucoup de variantes▲

Certains outils fonctionnent uniquement avec votre navigateur Web alors que d’autres peuvent être appliqués à plusieurs programmes à la fois. Ces programmes peuvent avoir besoin d’être configurés pour diriger le trafic Internet à travers un proxy. Avec un peu de patience, vous pourrez faire tout ça sans installer aucun programme sur votre ordinateur. Notez bien que les outils qui récupèrent les pages Web pour vous peuvent ne pas afficher les sites correctement. Certains outils utilisent plus d’un ordinateur intermédiaire afin de cacher vos visites à des services bloqués. Cela aussi cache vos activités aux fournisseurs de ces outils, ce qui peut être important pour votre anonymat. Un outil peut avoir une manière intelligente de se renseigner sur les proxys alternatifs auxquels il peut se connecter, au cas où l’un de ceux que vous utilisez soit lui aussi censuré. Dans l’idéal, le trafic généré par les requêtes, leur récupération et leur renvoi est chiffré afin de le protéger des regards indiscrets. Choisir l’outil le plus adapté à votre situation n’est toutefois pas la décision la plus importante que vous ferez en pratique quand il deviendra difficile d’atteindre ou de produire du contenu face à la censure d’Internet. Même s’il est difficile de fournir des conseils concrets sur de telles choses, il est crucial de passer du temps à réfléchir sur le contexte, tel que : où, quand et comment vous avez l’intention d’utiliser ces outils ; qui pourrait vouloir vous empêcher de faire ce que les outils vous permettent de faire ; avec quelle force ces organisations et ces personnes s’opposent à cette utilisation ; quelles ressources sont à leur disposition, y compris la violence.

3-4. Accéder à la plupart des sites Web bloqués sans programme complémentaire▲

L’outil de contournement le plus basique est le proxy Web. Bien qu’il y ait beaucoup de raisons pour que cela ne soit pas la solution optimale pour vous, c’est souvent un bon point de départ pour un contournement très basique. En admettant qu’elle n’est pas encore bloquée de chez vous, visitez l’adresse suivante : http://sesaweenglishforum.net Acceptez les conditions d’utilisation et entrez l’adresse du site bloqué que vous voulez visiter dans la barre d’adresse bleue : Image non disponible Appuyez sur Entrée ou cliquez sur GO. Si vous accédez au site demandé, cela fonctionne. Si le lien ci-dessus ne fonctionne pas, vous devrez trouver une autre méthode de contournement. Les chapitres sur les proxys Web et sur Psiphon dans ce livre donnent quelques conseils pour trouver un proxy Web et plein d’autres pour décider si vous devriez vous en servir une fois que vous l’avez trouvé. Si vous avez besoin d’accéder à toutes les fonctionnalités d’un site Web particulièrement complexe comme Facebook, vous voudrez certainement utiliser un outil simple, installable comme Ultrasurf plutôt qu’un proxy Web. Si vous désirez ou avez besoin d’une solution éprouvée par des tests de sécurité rigoureux dans le but de rester anonyme sans avoir besoin de savoir qui administre le service, vous devriez utiliser Tor. Si vous avez besoin d’accéder via Internet à des services filtrés autres que des sites Web, comme par exemple des plateformes de messagerie instantanée ou des serveurs mails (ceux utilisés par des programmes comme Mozilla Thunderbird ou Microsoft Outlook), vous devriez essayer HotSpot Shield ou d’autres services OpenVPN. Tous ces outils, qui ont leur propre chapitre plus loin dans ce livre, sont décrits brièvement ci-dessous.

3-5. Accéder à tous les sites Web et plateformes bloqués▲

Ultrasurf est un outil proxy gratuit pour les systèmes d’exploitation Windows. Il peut être téléchargé ici : http://ultrasurf.us/, http://www.ultrareach.net/ ou http://www.wujie.net/. Le fichier .zip téléchargé doit être décompressé à l’aide du clic droit, en sélectionnant « Extraire tout… ». Le fichier .exe extrait peut être lancé directement (même d’une clé USB dans un cybercafé) sans installation. Image non disponible Ultrasurf se connecte automatiquement et lance une nouvelle instance du navigateur Internet Explorer avec lequel vous ouvrirez les sites Web bloqués.

3-6. Outrepasser les filtres et rester anonyme sur le Web▲

Tor est un réseau sophistiqué de serveurs proxy. C’est un programme gratuit et libre, développé principalement pour permettre la navigation Web anonyme. Il s’agit aussi d’un merveilleux outil pour contourner la censure. Le navigateur Tor Bundle pour Windows, OS X ou GNU/Linux peut être téléchargé depuis https://www.torproject.org/download/download.html.en. Si le site Web torproject.org est bloqué, vous pouvez trouver d’autres endroits où l’obtenir en tapant « tor mirror » dans votre moteur de recherche préféré ou en envoyant un e-mail à contact contenant « help » dans le corps du message. Quand vous cliquez sur le fichier téléchargé, il s’extrait à l’endroit que vous voulez. Cela peut aussi être une clé USB qui pourra être utilisée dans un cybercafé. Vous pouvez lancer Tor en cliquant sur « Démarrer Tor Browser » (attention à bien fermer toutes les instances de Tor ou Firefox qui sont déjà en fonctionnement). Après quelques secondes, Tor lance une version spéciale du navigateur Firefox sur un site Web de test. Si ce message s’inscrit en vert « Congratulations. Your browser is configured to use Tor. » (« Félicitations. Votre navigateur est configuré pour utiliser Tor. »), vous pouvez alors utiliser cette fenêtre pour visiter les sites Web jusqu’alors bloqués. Image non disponible

3-7. Encapsulez tout votre trafic Internet dans un tunnel sécurisé▲

Si vous voulez accéder à des services Internet autres que le Web, comme les e-mails via un client comme Outlook ou Thunderbird, une manière simple et sûre est d’utiliser un VPN (pour Virtual Private Network, soit « réseau privé virtuel »). Un VPN va chiffrer dans un canal tout le trafic Internet entre vous et un autre ordinateur, de telle manière que non seulement les différentes sortes de communication apparaitront identiques aux oreilles indiscrètes, mais le chiffrement les rendra aussi illisibles à tout le monde sur tout leur trajet. Quand vous vous connectez à un VPN, votre FAI ne verra pas le contenu que vous échangez, mais il sera toutefois capable de voir que vous vous connectez à un VPN. Beaucoup de compagnies internationales utilisent un VPN pour se connecter de manière sécurisé à leurs bureaux distants, la technologie VPN a peu de risque d’être bloquée dans son ensemble.

3-7-1. Hotspot Shield▲

Une manière simple de débuter avec les VPN est d’utiliser Hotspot Shield. Il s’agit d’une solution VPN gratuite (mais commerciale) disponible pour les systèmes d’exploitation Windows et OS X. Pour installer Hotspot Shield, vous devez télécharger le programme depuis https://www.hotspotshield.com. La taille du fichier est d’environ 6 Mo, donc le téléchargement peut prendre 25 minutes ou plus avec une connexion lente. Pour l’installer, double-cliquez sur le fichier téléchargé et suivez les instructions données par l’assistant d’installation. Une fois l’installation terminée, démarrez Hotspot Shield en cliquant sur l’icône « Hotspot Shield Launch » sur votre bureau ou par « Programmes > Hotspot Shield ». Une fenêtre de navigation s’ouvrira sur une page de statut montrant les différentes étapes des tentatives de connexion : « Authentification » ou « Assignation de l’adresse IP ». Une fois connecté, Hotspot Shield vous redirigera vers une page de bienvenue. Cliquez sur « Start » pour commencer la navigation. Image non disponible Pour arrêter Hotspot Shield, faites un clic droit sur l’icône dans la barre de tâches et sélectionnez « Disconnect/OFF ».

4. Comment fonctionne le réseau ?▲

Imaginez un groupe de personnes qui décident de partager des informations disponibles sur leurs ordinateurs en les connectant et en échangeant ces informations entre tous ces ordinateurs. Le résultat de leurs efforts est un ensemble d’interfaces capables de communiquer les unes avec les autres au travers d’un réseau. Bien entendu, ce réseau a encore plus de valeur et d’utilité s’il est connecté à d’autres réseaux, à d’autres ordinateurs et, par conséquent, d’autres utilisateurs. Ce désir simple de vouloir se connecter et partager de l’information de façon électronique se manifeste aujourd’hui sous la forme d’Internet. Alors qu’Internet s’est rapidement développé, la complexité de ses interconnexions a, elle aussi, augmenté. Internet est littéralement bâti sur l’interconnexion d’un très grand nombre de réseaux. L’application fondamentale d’Internet peut être décrite comme un facilitateur de transfert des informations digitales, depuis leur point de départ jusqu’à leur destination, en utilisant un chemin adapté et un mode de transport approprié. Les réseaux locaux d’ordinateurs, appelés « LAN » (pour Local Area Network), connectent physiquement un certain nombre d’ordinateurs et autres périphériques entre eux s’ils sont réunis en un même lieu. Les LAN peuvent aussi se connecter à d’autres réseaux grâce à des appareils nommés routeurs qui gèrent les flux d’informations entre les réseaux. Les ordinateurs d’un LAN peuvent communiquer entre eux directement afin d’échanger des fichiers, de partager des imprimantes, ou de jouer à des jeux en réseau multijoueurs. Un LAN serait fonctionnel même s’il n’était pas connecté au reste du monde, mais il devient clairement plus utile lorsqu’il l’est. Image non disponible L’Internet d’aujourd’hui est un réseau mondial décentralisé de réseaux locaux d’ordinateurs aussi vastes que les réseaux d’universités, d’entreprises, d’opérateurs ou d’hébergeurs de services. Les organisations qui gèrent les interconnexions entre ces différents réseaux sont appelés Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI). Le rôle d’un FAI est de faire parvenir les données à l’endroit approprié, généralement en faisant suivre ces données vers un nouveau routeur (appelé routeur de « prochain saut » ou next hop) plus proche de la destination finale des données. Souvent, ce routeur de prochain saut appartient à un FAI différent. Pour ce faire, le FAI doit lui-même obtenir un accès à Internet, depuis un FAI plus important tel qu’un opérateur national (certains pays ont un seul opérateur au niveau national, probablement l’opérateur historique du pays, ou un opérateur lié au gouvernement, alors que d’autres pays ont plusieurs opérateurs qui peuvent être des entreprises privées de télécommunication se faisant concurrence). Les FAI nationaux peuvent recevoir leur connexion depuis une des compagnies internationales qui maintiennent et utilisent les serveurs et connexions qui forment ce que l’on appelle souvent une « épine dorsale » (ou backbone) d’Internet. Une épine dorsale est construite à partir des plus importants équipements, installations et infrastructures de réseaux et de leurs interconnexions à l’échelle mondiale, via des câbles de fibres optiques et des satellites. Ces connexions établissent des communications entre les utilisateurs d’Internet dans les différents pays et continents. Les FAI nationaux et internationaux se connectent à cette épine dorsale à travers des routeurs connus sous le nom de « passerelles » qui permettent aux réseaux dispersés de communiquer entre eux. Ces passerelles, comme d’autres routeurs, peuvent être des points de contrôle et de surveillance du trafic Internet.

4-1. Structurer Internet▲

Les architectes d’Internet admettent généralement qu’il n’y a qu’un seul Internet, qu’il est global et qu’il devrait permettre à n’importe quelle paire d’ordinateurs situés n’importe où dans le monde de pouvoir communiquer directement l’un avec l’autre, dans la mesure où les propriétaires respectifs de ces ordinateurs le souhaitent. Dans une note de 1996, Brian Carpenter, alors président de l’IAB (Internet Architecture Board), écrivait : D’une façon très générale, la communauté – de ceux qui élaborent Internet – croit que le but est la connectivité… La croissance du réseau semble montrer qu’elle est une récompense en soi, bien plus que chaque application individuelle. Il existe encore une communauté majeure des pionniers d’Internet et des utilisateurs de la première heure qui privilégient les idéaux d’interconnectivité mondiale, de standards ouverts et de libre accès à l’information, bien que ces idéaux entrent souvent en conflit avec les intérêts politiques et économiques et n’influencent pas directement la gestion ni la politique courante de chaque parcelle d’Internet. Les initiateurs d’Internet ont aussi créé, et continuent de créer, des standards conçus pour que d’autres puissent facilement monter leurs propres réseaux et les connecter entre eux. Comprendre les standards d’Internet permet de mieux comprendre comment Internet fonctionne et comment les sites et services en ligne deviennent ou non accessibles.

4-2. Standards de connexion des appareils▲

Aujourd’hui, la plupart des LAN sont construits avec la technologie Ethernet câblée ou sans fil (802.11 ou Wi-Fi). Toutes les interconnexions (de LAN et d’autres interfaces) qui constituent Internet utilisent des standards techniques, dits « protocoles Internet », afin de permettre aux ordinateurs de communiquer entre eux. Souvent, ces interconnexions utilisent des équipements et installations privées, et sont mises en place en vue de la réalisation d’un profit. Dans certaines juridictions, les connexions Internet sont règlementées en détails. Dans d’autres, il y a très peu ou pas de règlementation. Le standard élémentaire qui unit tous les appareils sur l’Internet global est appelé l’Internet Protocol (IP).

4-3. Standards d’identification des interfaces réseau▲

Quand votre ordinateur se connecte à Internet, il lui est normalement assigné une adresse numérique IP. Comme une adresse postale, l’adresse IP identifie de manière unique un seul ordinateur sur Internet. Contrairement à l’adresse postale, cependant, une adresse IP (particulièrement pour un matériel informatique personnel) n’est pas nécessairement liée de façon permanente à un ordinateur en particulier. Ainsi, lorsque votre ordinateur se déconnecte d’Internet et se reconnecte plus tard, il peut recevoir une adresse IP (unique) différente. La version du protocole IP dont l’usage est actuellement prédominant est IPv4. Dans le protocole IPv4, une adresse IP est écrite sous la forme de quatre nombres, compris entre 0 et 255, séparés par des points (par exemple : 207.123.209.9).

4-4. Noms de domaine et adresses IP▲

Tous les serveurs Internet, tels que ceux qui hébergent les sites Web, ont également des adresses IP. Par exemple, l’adresse IP de www.witness.org est 216.92.171.152. Étant donné que se rappeler d’une adresse IP n’est pas pratique et qu’elle peut changer avec le temps, un système spécifique a été mis en place pour vous permettre d’atteindre plus facilement votre destination sur Internet. Ce système connu sous le nom de DNS (Domain Name System , « système de noms de domaine ») est un ensemble de serveurs chargés de fournir à votre ordinateur les adresses IP associées à des « noms » humainement mémorisables. Par exemple, pour accéder au site de Witness, vous entrerez le nom de domaine (ou adresse) www.witness.org au lieu de 216.92.171.152. Votre ordinateur enverra alors un message avec ce nom à un serveur DNS. Une fois que le serveur DNS a traduit le nom de domaine en une adresse IP, il partage cette information avec votre ordinateur. Ce système rend la navigation Web et d’autres usages d’Internet plus conviviaux pour les humains, et plus protocolaires pour les ordinateurs. Image non disponible D’un point de vue mathématique, IPv4 permet à un bassin de 4,2 milliards d’ordinateurs différents d’être connectés à Internet. Il existe aussi une technologie qui permet à de multiples ordinateurs de partager la même adresse IP. Le stock d’adresses disponibles s’étant toutefois trouvé plus ou moins épuisé au début de l’année 2011, le protocole IPv6 a donc été conçu. Il offre un répertoire d’adresses uniques beaucoup plus important. Les adresses IPv6 sont beaucoup plus longues, et encore plus difficiles à retenir que les traditionnelles adresses IPv4. Par exemple, 2001:0db8:85a3:0000:0000:8a2e:0370:7334. En 2011, moins d’1 % d’Internet utilise le protocole IPv6, mais cela risque d’évoluer considérablement dans un avenir proche.

4-5. Protocoles d’envoi d’information via le réseau▲

L’information que vous échangez via Internet peut prendre plusieurs formes :

  • un email à votre cousin ;
  • la photo ou vidéo d’un évènement ;
  • une base de données d’informations de contact ;
  • un fichier contenant des consignes ;
  • un document contenant un rapport sur un sujet sensible ;
  • un programme informatique qui enseigne une compétence.

Il y a une multitude de programmes Internet adaptés à la manipulation adéquate des divers types d’information en fonction de protocoles spécifiques :

  • l’e-mail via SMTP (Simple Mail Transport Protocol, « protocole simple de transfert de courrier ») ;
  • la messagerie instantanée via XMPP (eXtensible Messaging and Presence Protocol, « protocole extensible de messagerie et de présence ») ;
  • le partage de fichiers via FTP (File Transfer Protocol, « protocole de transfert de fichiers ») ;
  • le partage de fichiers en peer-to-peer, via BitTorrent ;
  • les newsgroups sur le réseau Usenet, via le NNTP (Network News Transfer Protocol, « protocole réseau de transfert de nouvelles ») ;
  • une combinaison de plusieurs protocoles : la communication vocale utilisant la VoIP (Voice over IP, « voix sur IP »), SIP (Session Initiation Protocol, « protocole d’initiation de session ») et RTP (Real-time Transport Protocol, « protocole de transfert en temps réel »).

4-6. Le Web▲

Bien que beaucoup de gens utilisent indifféremment les termes « Internet » et « Web », le Web ne fait réellement référence qu’à une seule façon de communiquer sur Internet. Lorsque vous accédez au Web, vous le faites en ayant recours à un logiciel appelé navigateur Web, tels que Mozilla Firefox, Google Chrome, Opera ou Microsoft Internet Explorer. Le protocole qui régit le Web est appelé HTTP (Hyper-Text Transfer Protocol, « protocole de transfert hypertexte »). Vous avez sans doute entendu parler du HTTPS, la version sécurisée du HTTP, qui utilise un cryptage TLS (Transport Layer Security, « sécurité de la couche transport ») pour protéger vos communications.

4-7. Parcours de vos informations sur Internet▲

Suivons l’exemple d’une visite de site Web à partir de votre ordinateur personnel.

4-7-1. Connexion à Internet▲

Pour connecter votre ordinateur à Internet, vous aurez besoin d’un équipement supplémentaire comme un modem ou un routeur pour vous connecter au réseau de votre FAI. Habituellement, l’ordinateur de l’utilisateur final peut être connecté avec son FAI de plusieurs façons : un modem, utilisant les lignes téléphoniques pour envoyer les données sous forme d’appel téléphonique ; l’ADSL ou le SDSL, un moyen plus rapide et plus efficace pour envoyer des données par lignes téléphoniques sur de courtes distances ; le modem câble, qui envoie les données par le réseau câblé de la télévision ; les câbles en fibre optique, surtout dans les zones urbaines à forte densité des pays développés ; les liaisons sans fil élargies fixes, surtout en zones rurales ; les services data par le réseau de téléphonie mobile.

4-7-2. Navigation jusqu’au site Web▲

Vous saisissez https://security.ngoinabox.org/. L’ordinateur envoie le nom de domaine « security.ngoinabox.org » à un serveur DNS sélectionné, qui renvoie un message contenant l’adresse IP pour le serveur de « Tactical Tech Security in a Box » (actuellement 64.150.181.101). Le navigateur envoie une requête de connexion à cette adresse IP. La requête passe à travers une série de routeurs, chacun faisant suivre à un routeur plus proche de la destination de la requête une copie de celle-ci, jusqu’à ce qu’elle atteigne un routeur qui trouve l’ordinateur spécifique désiré. Cet ordinateur vous renvoie l’information voulue, autorisant votre navigateur à envoyer l’URL complet et donc à recevoir les données nécessaires pour afficher la page. Le message du site Web jusqu’à vous voyage à travers d’autres appareils (ordinateurs ou routeurs) : Chacun des appareils situés le long d’un chemin peut être appelé un saut. Le nombre de sauts est le nombre d’ordinateurs ou de routeurs que votre message rencontre le long de son trajet, souvent compris entre 5 et 30. Image non disponible

4-8. Pourquoi c’est important▲

En temps normal, tous ces processus complexes sont cachés et vous n’avez pas besoin de les comprendre pour trouver l’information que vous recherchez. Cependant, quand des personnes ou des organisations qui essayent de limiter votre accès à l’information interfèrent avec la bonne marche de ce système, votre capacité à utiliser Internet peut être restreinte. Dans ce cas, bien comprendre ce qu’elles ont fait pour interférer avec votre accès peut devenir très intéressant. Considérez les pare-feux. Il s’agit d’appareils qui interdisent intentionnellement certains types de communication entre un ordinateur et un autre. Les pare-feux aident un propriétaire de réseau à faire respecter ses politiques concernant quels types de communication et quels usages du réseau il autorise. Au début, l’usage de pare-feux était conçu comme une mesure de sécurité informatique : ils pouvaient repousser des attaques informatiques à l’encontre d’ordinateurs mal configurés par mégarde et vulnérables. Les pare-feux sont maintenant utilisés pour bien d’autres objectifs et pour faire appliquer des politiques de contrôle bien au-delà du domaine de la sécurité informatique, dont le contrôle des contenus. Un autre exemple est celui des serveurs DNS, décrits comme aidant à fournir une adresse IP correspondant au nom de domaine demandé. Dans certains cas, ces serveurs peuvent être utilisés comme des mécanismes de censure en empêchant la bonne adresse IP d’être renvoyée, et ainsi bloquant effectivement l’accès à l’information demandée sur ce domaine. La censure peut avoir lieu à différents points de l’infrastructure d’Internet, couvrant tout le réseau, des domaines et sous domaines, des protocoles individuels ou un contenu spécifique identifié par un logiciel de filtrage. La meilleure méthode pour éviter la censure dépendra de la méthode spécifique de censure utilisée. Comprendre ces différences vous aidera à choisir les mesures appropriées pour que vous puissiez utiliser Internet efficacement et sûrement.

4-9. Ports et Protocoles▲

Pour pouvoir partager des données et des ressources, les ordinateurs ont besoin d’accepter des conventions sur le format et la façon d’échanger l’information. Ces conventions, que nous appelons protocoles, sont parfois comparées à la grammaire des langages humains. Internet est basé sur une série de protocoles de ce genre.

4-9-1. Le modèle en couches du réseau▲

Les protocoles Internet reposent sur d’autres protocoles. Par exemple, quand vous utilisez un navigateur Web pour accéder à un site, le navigateur se base sur le protocole HTTP ou HTTPS pour communiquer avec le serveur Web. Cette communication, à son tour, repose sur d’autres protocoles. Supposons que nous utilisions HTTPS avec un site Web donné, pour nous assurer que nous y accédons de façon sécurisé. Image non disponible Dans l’exemple précédent, le protocole HTTPS repose sur le protocole TLS pour chiffrer les communications afin de les rendre privées et non modifiées lorsqu’elles voyagent sur le réseau. Le protocole TLS, à son tour, repose sur le protocole TCP pour s’assurer que cette information n’est pas accidentellement perdue ou abimée pendant la transmission. Finalement, TCP repose sur IP pour s’assurer que les données sont délivrées à la destination voulue. En utilisant le protocole chiffré HTTPS, votre ordinateur utilise toujours le protocole non chiffré DNS pour récupérer l’adresse IP associée au nom de domaine. Le protocole DNS utilise le protocole UDP pour véritablement router la requête au serveur DNS, et UDP repose sur IP pour la transmission effective des données à la destination voulue. À cause de cette hiérarchie entre les protocoles, on parle souvent des protocoles réseau comme d’un ensemble de couches. Les protocoles de chaque couche correspondent à un aspect du fonctionnement des communications.

4-9-2. Se servir des ports▲

Les ordinateurs se connectent entre eux via le protocole TCP mentionné ci-dessus et restent connectés durant un certain temps pour permettre aux protocoles de plus haut niveau d’effectuer leurs tâches. TCP utilise le concept de « numéro de port » pour gérer ces connexions et les distinguer les unes des autres. Les numéros de port permettent aussi à l’ordinateur de décider lequel des logiciels devrait accepter telle requête ou donnée. UDP implémente lui aussi une fonctionnalité similaire. L’IANA (Internet Assigned Names Authority, « autorité de distribution des noms sur Internet ») assigne des numéros de port pour divers protocoles de haut niveau utilisés par les services applicatifs. Voici quelques exemples communs de numéros de port standard :

  • 20 et 21 FTP (transfert de fichier) ;
  • 22 SSH (accès à distance sécurisé) ;
  • 23 Telnet (accès à distance peu sûr) ;
  • 25 SMTP (transfert d’e-mail) ;
  • 53 DNS (résolution d’un nom d’ordinateur en adresse IP) ;
  • 80 HTTP (navigation Web normale, parfois utilisé par les proxys) ;
  • 110 POP3 (lecture d’e-mail) ;
  • 143 IMAP (envoi et réception d’e-mail) ;
  • 443 HTTPS (connexion Web sécurisée) ;
  • 993 IMAPS (IMAP sécurisé) ;
  • 995 POP3S (POP3 sécurisé) ;
  • 1080 SOCKS (proxy de bas niveau) ;
  • 1194 OpenVPN (réseau privé virtuel) ;
  • 3128 Squid (proxy) ;
  • 8080 Proxy HTTP standard.

L’utilisation de ces numéros de port particuliers n’est généralement pas une directive du protocole. En fait, n’importe quel type de données pourrait être envoyé à travers n’importe quel port (et utiliser des ports non standards peut être un moyen de contournement technique utile). Cependant ces numéros sont utilisés par défaut pour des raisons pratiques. Par exemple, votre navigateur sait que si vous demandez un site Web sans numéro de port, il devra automatiquement essayer d’utiliser le port 80. D’autres types de logiciel ont également de tels comportements par défaut de manière à ce que vous puissiez utiliser normalement Internet sans avoir à connaitre et vous rappeler des numéros de port associés aux services que vous utilisez.

4-9-3. La cryptographie▲

La cryptographie est une forme de défense technique contre la surveillance qui utilise des procédés mathématiques sophistiqués pour brouiller les communications et les rendre incompréhensibles à des oreilles indiscrètes. La cryptographie peut également empêcher qu’un opérateur réseau ne modifie les communications, ou au moins rendre de telles modifications détectables. Cela marche généralement comme un tunnel depuis le logiciel que vous utilisez, tel un navigateur, jusqu’à l’autre bout de la connexion, tel un serveur Web. La cryptographie moderne est connue pour sa grande résistance aux attaques techniques. La grande disponibilité des logiciels de chiffrage donne aux utilisateurs une protection de leur vie privée très résistante aux écoutes. D’un autre côté, le chiffrement peut être contourné par différents moyens, via des logiciels malveillants ou, de manière plus générale, lors d’un problème de partage ou d’échange de clés de chiffrement, lorsque les utilisateurs ne peuvent pas suivre ou ignorent les procédures nécessaires à l’utilisation sûre de la cryptographie. Par exemple, les logiciels de chiffrement ont généralement besoin d’un moyen de vérifier l’identité de la personne de l’autre côté de la connexion réseau. Sans quoi, la communication serait vulnérable à une attaque man-in-the-middle (soit « un homme au milieu ») où une tierce personne se fait passer pour le correspondant de chacun pour intercepter les communications. La vérification d’identité est effectuée de différentes manières par différents logiciels, mais ignorer ou contourner cette étape augmente votre vulnérabilité à l’écoute. Une autre technique de surveillance est l’analyse de trafic, où des informations sur les communications sont utilisées pour deviner leur contenu, leur origine ou leur destination, même si le contenu reste incompréhensible au censeur. L’analyse de trafic peut être une technique très efficace et que l’on peut difficilement contrer. Cela concerne en particulier les systèmes d’anonymisation, où les techniques d’analyse de trafic peuvent aider à identifier un participant anonyme. Les systèmes d’anonymisation avancés comme Tor prennent en compte des mesures faites pour réduire l’efficacité de l’analyse de trafic, mais peuvent rester vulnérables selon la puissance du système d’écoute.

5. Le Net et la censure▲

Comprendre comment Internet fonctionne dans la pratique peut aider à associer les sources de censure à des menaces potentielles. Le contrôle et la censure d’Internet peuvent revêtir de nombreuses formes. Un gouvernement national pourrait non seulement bloquer l’accès à du contenu, surveiller le type d’informations consultées et pourrait punir des utilisateurs pour leurs activités en ligne qu’il jugerait inacceptable. Les gouvernements peuvent soit définir le contenu à bloquer et mettre le filtrage en pratique eux-mêmes, soit créer un cadre légal, ou extra-légal, pour encourager des entreprises indépendantes à mettre en place le blocage et la surveillance.

5-1. Qui contrôle Internet ?▲

L’histoire complète de la gouvernance d’Internet est complexe et politique. Elle est encore débattue actuellement. Les gouvernements ont souvent le pouvoir et les ressources pour mettre en place leurs méthodes de surveillance et de contrôle favorites, s’ils possèdent et dirigent les infrastructures directement ou par des entreprises de télécommunication privées. Un gouvernement qui veut bloquer l’accès à l’information peut facilement le faire, directement ou indirectement, au niveau de la création de l’information où lors de sa traversée de la frontière. Les gouvernements ont aussi l’autorité légale pour espionner les citoyens, beaucoup vont même au-delà de ce que la loi autorise en utilisant des méthodes extra-légales pour surveiller et restreindre l’utilisation d’Internet, voire la transformer selon leurs propres règles.

5-2. Implication des gouvernements▲

Internet a été développé par des chercheurs financés par le gouvernement américains dans les années 1970. Il s’est progressivement imposé au niveau universitaire, puis aux utilisations personnelle et professionnelle. De nos jours, une communauté globale travaille à maintenir les standards et partenariats qui ont pour but de parvenir à une connectivité et interopérabilité au niveau mondial, sans aucune distinction géographique. Cependant, les gouvernements n’ont pas intérêt à suivre cette ligne de conduite. Certains construisent leur réseau national de télécommunications afin d’avoir des  « points centraux » où ils peuvent contrôler l’accès de tout le pays à des services ou sites spécifiques voire dans certains cas empêcher l’accès à cette portion d’Internet depuis l’extérieur. D’autres gouvernements ont passé des lois ou opté pour des contrôles informels afin de réguler le comportement des FAI privés en les incitant parfois à participer à la surveillance, au blocage ou à l’interdiction d’accès à des éléments particuliers. Certaines infrastructures d’Internet sont gérées par des gouvernements ou des entreprises en lien avec des gouvernements. Il n’existe aucun organe de gouvernance d’Internet qui soit totalement indépendant. Les gouvernements traitent les affaires de contrôle d’Internet et des infrastructures de télécommunications comme des questions de souveraineté nationale. Nombre d’entre eux se permettent d’interdire ou de bloquer l’accès à certains types de contenus et services jugés offensants ou dangereux.

5-3. Pourquoi les états voudraient-ils contrôler le Net ?▲

Bon nombre de gouvernements ont un problème avec le fait qu’Internet n’ait aucune frontière technique, géographique ou politique. Pour l’utilisateur final, sauf à compter les millisecondes, cela ne fait strictement aucune différence qu’un site soit hébergé dans le même pays ou à l’autre bout du monde. Cet état de fait est très alarmant pour les États. La censure sur Internet, inspirée des espoirs de rétablir des frontières géographiques, peut arriver pour beaucoup de raisons. La classification suivante est adaptée de l’OpenNet Initiative http://opennet.net/

  • Les raisons politiques : Les gouvernements veulent censurer les points de vue et opinions contraires à celles propres au pays, ce qui inclut des sujets comme les droits de l’homme ou la religion.
  • Les raisons sociales : Les gouvernements veulent censurer les pages Web relatives à la pornographie, aux jeux d’argent, à l’alcool, aux drogues, et tout autre sujet qui pourrait sembler choquant pour la population.
  • Les raisons de sécurité nationale : Les gouvernements veulent bloquer le contenu associé à des mouvements dissidents et tout ce qui menace la sécurité nationale.

Afin de s’assurer que les contrôles de l’information sont efficaces, les gouvernements peuvent aussi filtrer les outils qui permettent aux gens de contourner la censure d’Internet. Dans les cas extrêmes, les gouvernements peuvent refuser de fournir un accès à Internet au public, comme en Corée du Nord, où Internet peut être coupé sur tout le territoire pendant des périodes de protestations publiques, comme ce qui est arrivé brièvement au Népal en 2005, en Égypte ou en Libye en 2011. Le contrôle peut être effectué à la fois sur les fournisseurs d’accès et les fournisseurs de contenu. Les gouvernements peuvent soumettre les fournisseurs d’accès à un contrôle strict afin de réguler et gérer le trafic Internet et de permettre la surveillance et la gestion des internautes dans le pays. Cela permet également de bloquer le contenu qui vient de l’étranger. N’ayant aucun contrôle sur le fournisseur de contenu Facebook, le gouvernement pakistanais a demandé aux FAI locaux de bloquer l’accès à Facebook en mai 2010 afin de bloquer l’accès à des caricatures du prophète Mahomet qui ont été rendues disponibles sur le réseau social. Les gouvernements peuvent demander à des fournisseur de contenus, comme les éditeurs de sites Web présents dans le pays, les webmasters ou les moteurs de recherches, de bloquer et d’interdire l’accès à certains types de contenus et de services jugés offensants ou dangereux. On a, entre autres, demandé à des filières locales de Google d’enlever du contenu controversé dans plusieurs pays (comme la Chine avant mars 2010, quand Google a redirigés ses activités de moteur de recherche vers Google Hong Kong)

5-4. Suis-je bloqué ou filtré ?▲

En général, il est difficile de déterminer si quelqu’un essaie de vous empêcher d’accéder à un site Web ou d’envoyer des informations à d’autres personnes. Quand vous essayez d’accéder à un site bloqué, vous pouvez voir un message d’erreur conventionnel ou rien du tout. Le comportement apparent peut ressembler à une indisponibilité technique. Le gouvernement ou le FAI peut même nier qu’une censure est en place et aller jusqu’à mettre en cause le site Web (étranger). Plusieurs organisations, et notablement l’OpenNet Initiative, utilisent des logiciels pour tester l’accès à Internet dans divers pays et pour étudier comment l’accès peut être compromis par les différents acteurs. Ce peut être une tâche difficile, voire dangereuse, selon les autorités concernées. Dans certains pays, il n’y a aucun doute que le gouvernement bloque des pans entiers d’Internet. En Arabie Saoudite, par exemple, tenter d’accéder à du contenu sexuellement explicite renvoie à un message du gouvernement expliquant la raison du blocage du site. Dans les pays qui bloquent sans avertissement, un des signes les plus communs de la censure est qu’un nombre important de sites avec un contenu de même nature est apparemment inaccessibles pour des raisons techniques ou semblent être hors ligne (par exemple, des erreurs « Page introuvable » ou des connexions qui échouent souvent). Une autre indication possible est que les moteurs de recherche renvoient des résultats hors sujet, voire à rien sur certains thèmes. Le filtrage ou le blocage est également effectué par d’autres entités que les gouvernements. Les parents peuvent filtrer les informations qu’atteignent leurs enfants. Beaucoup d’organisations, depuis les écoles jusqu’aux entreprises, restreignent l’accès à Internet afin d’empêcher les utilisateurs d’avoir des communications non contrôlées, d’utiliser des heures de travail ou du matériel de l’entreprise pour des raisons personnelles, d’atteindre au copyright, ou encore d’utiliser trop de ressources réseau. Beaucoup de gouvernements ont les ressources et la capacité légale pour contrôler des parties importantes de l’infrastructure réseau d’un pays. Si le gouvernement est votre adversaire, gardez à l’esprit que toute l’infrastructure des communications, de l’Internet aux lignes mobiles et fixes, peut être contrôlée.

5-5. Contexte Géographique▲

Des utilisateurs, à des endroits différents, peuvent avoir des expériences très variées de contrôle des contenus présents sur Internet. À certains endroits, votre gouvernement est peut-être légalement empêché de filtrer ou a pu décider de ne pas filtrer le contenu. Vous êtes peut-être contrôlé par votre FAI pour que vos informations soient vendues à des publicitaires. Le gouvernement a peut-être demandé aux FAI d’installer des infrastructures de contrôle (mais pas de filtrage) dans leur réseau. Le gouvernement a peut-être effectué une demande de votre historique et logs de messagerie instantanée ou a peut-être stocké ces informations pour une utilisation postérieure. Dans cette situation, il fera en sorte de ne pas attirer l’attention. Vous faites aussi face à des menaces d’acteurs non gouvernementaux, comme des criminels qui attaquent des sites Web ou volent des informations bancaires personnelles. À certains endroits, les FAI vont peut-être utiliser des moyens techniques pour bloquer des sites ou services, mais le gouvernement ne semblera pas tenter de tracer ou de réprimer les tentatives d’accès et ne semblera pas agir de manière coordonnée dans une stratégie de contrôle du contenu d’Internet. À certains endroits, vous pouvez accéder à des services locaux qui sont des équivalents viables de services étrangers. Ces services sont gérés par votre FAI ou des agents gouvernementaux. Vous êtes peut-être libre de poster des informations sensibles, mais elles seront supprimées. Si ça se passe trop souvent, cependant, la répression deviendra peut-être plus dure. Les restrictions vont peut-être devenir évidentes seulement durant des évènements avec des répercussions politiques. À certains endroits, votre gouvernement va peut-être filtrer la plupart des sites étrangers, et plus particulièrement les sites d’informations. Il exerce un contrôle serré sur les FAI pour bloquer les contenus et conserver les traces des créateurs de contenu. Si vous utilisez un réseau social, l’infiltration pourra être envisagée. Le gouvernement peut encourager vos voisins à vous espionner.

5-6. Contexte personnel▲

Les gouvernements ont un ensemble de motivations pour contrôler et restreindre différents types d’activités des utilisateurs d’Internet de leur pays. Activistes : vous voulez peut-être améliorer votre gouvernement ou vous en voulez un nouveau. Peut-être que vous voulez réformer une partie précise de votre société ou agir pour les droits de minorités. Peut-être que vous voulez dénoncer des problèmes environnementaux, des abus, de la fraude ou corruption, à votre travail. Votre gouvernement et vos employeurs s’y opposeront à tout moment, mais ils fourniront plus d’efforts pour vous contrôler si des manifestations sont envisagées bientôt. Blogueurs : vous voulez peut-être écrire à propos de votre vie quotidienne, mais certaines personnes sont réduites au silence à cause de leur appartenance ethnique ou de leur genre. Peu importe ce que vous avez à dire, vous n’êtes pas supposé le dire. Vous pouvez être dans un pays avec principalement des utilisateurs non limités, mais vos opinions ne sont pas populaires dans votre communauté. Vous préférez peut-être l’anonymat ou le besoin de vous mettre en relation avec un groupe de soutient. Journalistes : vous avez peut-être certaines préoccupations similaires à celles des activistes et des blogueurs. Le crime organisé, la corruption et les violences gouvernementales sont des sujets dangereux à traiter. Vous voulez peut-être vous protéger ainsi que vos sources d’information. Lecteurs : vous n’êtes peut-être pas actifs politiquement, mais le contenu est tellement censuré que vous avez besoin d’outils de contournement pour obtenir des nouvelles, du divertissement, des sciences, ou de l’industrie. Vous voulez peut-être également lire une BD en ligne ou consulter les nouvelles d’autres pays. Votre gouvernement vous laissera peut-être faire jusqu’à ce qu’ils aient d’autres raisons de vous contrôler. La ressource la plus couramment bloquée sur Internet était, jusqu’à aujourd’hui, les contenus sexuellement explicites. Maintenant, ce sont les réseaux sociaux. La popularité internationale croissante de ces sites a transformé des millions d’internautes à travers le monde en victimes potentielles de la censure. Certains réseaux sociaux sont populaires à une échelle mondiale, comme Facebook, MySpace ou LinkedIn, tandis que d’autres ont un grand nombre d’utilisateurs dans un pays ou une région précise : QQ (Qzone) en Chine, Cloob en Iran, vKontakte en Russie, Hi5 au Pérou et en Colombie, Odnoklassniki dans les pays de l’ex-URSS, Orkut en Inde et au Brésil, Zing au Vietnam, Maktoob en Syrie, Ameba et Mixi au Japon, Bebo au Royaume-Uni, ainsi de suite. Image non disponible

5-7. Comment la censure fonctionne ?▲

[Cette partie est adaptée d’Access Denied, Chapitre 3, par Steven J. Murdoch et Ross Anderson].

Les techniques décrites dans ce chapitre sont quelques-unes des méthodes employées par les censeurs qui tentent d’empêcher des internautes d’accéder à des services ou contenus particuliers. Les opérateurs réseau peuvent filtrer ou manipuler le trafic Internet en tout point du réseau, grâce à une grande variété de technologies, avec des degrés variables de précision et de personnalisation. Ces opérations impliquent en général l’utilisation de logiciels pour observer ce que les utilisateurs essaient de faire et pour interférer de manière sélective avec les activités que l’opérateur réseau considère comme interdites dans sa politique de sécurité. Un filtrage peut ainsi être mis en œuvre et appliqué par un état, par un FAI, local ou national, ou même par l’administrateur d’un réseau local. Des filtres logiciels peuvent être installés directement sur des ordinateurs personnels. Les objectifs conduisant au déploiement d’un système de filtrage varient suivant les motivations de l’organisation qui l’emploie. Il peut s’agir de rendre un site Web particulier (ou une page Web donnée) inaccessible à ceux qui souhaitent le voir, de le rendre peu fiable, ou de dissuader les utilisateurs d’y accéder. Le choix du mécanisme de filtrage va aussi dépendre des possibilités de l’organisation qui réclame le filtrage, de son influence et son degré d’écoute, des personnes qu’elle veut voir se conformer à ses souhaits, et de la quantité d’argent qu’elle est prête à dépenser pour ce faire. D’autres considérations portent sur le taux d’erreur acceptable, le fait de savoir si l’existence du filtrage devrait être connue ou cachée, et de son degré de fiabilité (aussi bien à l’égard des utilisateurs lambda que de ceux qui souhaitent le contourner). Nous allons décrire plusieurs techniques permettant de bloquer un contenu donné une fois qu’une liste de ressources à bloquer est établie. L’élaboration de cette liste est un défi considérable aussi bien qu’une faiblesse dans les systèmes déployés. Non seulement, la quantité énorme de sites Web existant rend difficile la création d’une liste exhaustive des contenus interdits, mais lorsque les contenus se déplacent et que les sites Web changent d’adresse IP, la tenue à jour de cette liste réclame des efforts considérables. Qui plus est, si l’administrateur d’un site souhaite lutter contre le blocage, le site peut être déplacé plus rapidement qu’il n’aurait été autrement. Nous allons tout d’abord décrire les mesures techniques utilisées contre les utilisateurs finaux, puis exposer brièvement les mesures utilisées contre les éditeurs et hébergeurs ainsi que les méthodes d’intimidation non techniques. Veuillez noter que cette liste n’est pas exhaustive et que plusieurs de ces techniques peuvent être utilisées en même temps dans un cas donné.

5-8. Mesures techniques dirigées contre les utilisateurs finaux▲

Sur les réseaux de communication modernes tels qu’Internet, la censure et la surveillance des communications et des activités des populations sont, en pratique, intimement liées. La plupart des FAI dans le monde surveillent certains aspects des communications de leurs clients pour des usages de taxation ou de lutte contre des abus tels que le spam. Les FAI enregistrent souvent les noms des comptes des utilisateurs associés aux adresses IP. À moins que les utilisateurs n’emploient des technologies de protection de leur vie privée pour l’empêcher, il est techniquement possible au FAI d’enregistrer toutes les informations qui circulent sur son réseau, y compris le contenu exact des communications des utilisateurs. Cette surveillance est également un prérequis pour la mise en œuvre d’une censure du réseau par des mesures techniques. Un FAI qui essaie de censurer les communications que ses utilisateurs veulent transmettre doit être à même de lire ces communications pour déterminer lesquelles violent ses règles. Il en découle que le cœur de l’approche visant à réduire la censure sur Internet réside dans la dissimulation au FAI du contenu détaillé de ses communications, aussi bien à un niveau individuel que par l’encouragement de la diffusion de technologies de protection de la vie privée qui empêchent la surveillance. Cela signifie que les contre-mesures techniques à la censure du réseau reposent souvent sur l’usage d’un masquage ou d’un chiffrement, autant que possible, de façon à rendre impossible à connaitre le contenu transféré au FAI. Cette section explique certaines des techniques spécifiques utilisées par les censeurs pour bloquer des contenus et empêcher l’accès par des moyens techniques.

5-8-1. Le filtrage par URL▲

Un moyen pour les pays et autres institutions pour bloquer l’accès à des informations sur le Web est d’empêcher l’accès en se basant sur l’URL entière ou sur une portion. Les censeurs d’Internet veulent souvent bloquer certains noms de domaine dans leur intégralité parce qu’ils interdisent le contenu de ces domaines. Une des façons les plus simples de bloquer des sites Web est de bloquer tout le nom de domaine. Parfois, les autorités sont plus sélectives et ne bloquent que certains sous-domaines du domaine en laissant le reste accessible. C’est le cas au Vietnam où le gouvernement bloque certaines sections des sites, comme la version en vietnamien de la BBC et de Radio Free Asia, mais censurent peu les contenus écrits en anglais. Les censeurs, par exemple, pourraient filtrer seulement le sous-domaine news.bbc.co.uk, tout en laissant bbc.co.uk et www.bbc.co.uk non filtrés. De même, ils pourraient vouloir filtrer les pages contenant certains types de contenu tout en autorisant l’accès au reste du domaine hébergeant ces pages. Une approche du filtrage est de chercher un nom de répertoire, comme « worldservice » pour bloquer seulement le service d’information en langues étrangères de la BBC bbc.co.uk/worldservice mais pas le site Web anglais dans son ensemble. Les censeurs peuvent parfois même bloquer certaines pages d’après leurs noms, ou chercher des termes dans les requêtes qui suggèrent un contenu offensant ou indésirable. Le filtrage par URL peut être effectué localement, par l’utilisation de logiciels spéciaux installés sur l’ordinateur dont vous vous servez. Par exemple, les ordinateurs d’un cybercafé pourraient tous utiliser un logiciel de filtrage qui bloque l’accès à certains sites. Le filtrage par URL peut aussi être effectué en un point central du réseau, comme un serveur proxy. Un réseau peut être configuré pour ne pas laisser les utilisateurs se connecter directement aux sites Web mais plutôt les forcer, ou du moins les encourager, à passer par ce serveur proxy. Les serveurs proxy sont utilisés pour relayer les requêtes et stocker temporairement dans une mémoire cache les pages Web qu’ils récupèrent pour les fournir à plusieurs utilisateurs. Cela réduit la fréquence à laquelle un FAI doit récupérer une page Web populaire, économisant ainsi des ressources et améliorant le temps de réponse. Cependant, s’il améliore la performance, un proxy HTTP peut aussi bloquer des sites Web. Le proxy décide si les requêtes pour les pages doivent être transmises et, si c’est le cas, envoie les requêtes vers les serveurs Web où se trouvent les contenus cherchés. Puisque l’intégralité du contenu de la requête est lisible, des pages Web individuelles peuvent être filtrées d’après le nom de la page ou son contenu final. Si une page est bloquée, le proxy pourrait retourner une explication précise de la raison, prétendre que la page n’existe pas ou retourner une erreur.

5-8-2. Filtrage DNS et usurpation▲

Quand vous saisissez une adresse URL dans un navigateur Web, la première action du navigateur est de demander à un serveur DNS, dont l’adresse numérique est connue, de chercher le nom de domaine référencé dans l’URL et de fournir l’adresse IP correspondante. Image non disponible Si le serveur DNS est configuré pour bloquer l’accès, il consulte une liste noire des noms de domaine bannis. Lorsque le navigateur demande l’adresse IP de l’un des domaines figurant sur la liste noire, le serveur DNS donne une réponse fausse ou ne répond pas du tout. Image non disponible Lorsque le serveur DNS donne une réponse incompréhensible ou ne répond pas du tout, l’ordinateur demandeur ne peut pas obtenir l’adresse IP exacte du service qu’il cherche à contacter. Sans cette adresse IP, l’ordinateur ne peut pas continuer et il affiche un message d’erreur. Comme le navigateur ne peut pas connaître l’adresse IP exacte du site Web, il ne peut pas contacter le site pour lui demander une page. Le résultat est que tous les services dépendant d’un nom de domaine particulier, par exemple toutes les pages d’un serveur Web, sont indisponibles. Dans ce cas, un blocage délibéré peut apparaitre de façon erronée comme un problème technique ou une erreur aléatoire. De façon similaire, un censeur peut forcer un enregistrement DNS à pointer vers une adresse IP incorrecte, redirigeant de ce fait les internautes vers un autre site Web. Cette technique est nommée DNS spoofing, soit « usurpation de DNS », et les censeurs peuvent l’utiliser pour usurper l’identité d’un serveur et afficher des sites Web contrefaits, ou re-router le trafic des utilisateurs vers un serveur illégitime capable d’intercepter leurs données. Sur certains réseaux, la réponse fausse conduit à un serveur Web différent qui explique clairement la nature du blocage qui vient de se produire. Cette technique est utilisée par les censeurs qui ne cherchent pas à cacher qu’ils ont mis en place une censure et qui souhaitent que les utilisateurs ne soient pas perturbés par ce qui vient de leur arriver.

5-8-3. Filtrage par IP▲

Quand des données sont envoyées à travers Internet, elles sont groupées en petites unités appelées paquets. Un paquet contient les données à transmettre ainsi que des informations sur le moyen de le transmettre, comme les adresses IP de l’ordinateur d’où il vient et de celui auquel il est destiné. Les routeurs sont des ordinateurs qui relaient les paquets sur le chemin de l’expéditeur au destinataire en choisissant l’étape suivante. Si les censeurs veulent empêcher les utilisateurs d’accéder à certains serveurs, ils peuvent configurer les routeurs qu’ils contrôlent afin que ceux-ci jettent, ignorent et abandonnent les données destinées aux adresses IP filtrées, voire retourner un message d’erreur à celles-ci. Le filtrage basé uniquement sur l’adresse IP bloque tous les serveurs fournis par un serveur donné, par exemple à la fois les sites Web et les serveurs d’e-mails. Puisque seule l’adresse IP est vérifiée, les noms de domaine qui partagent la même adresse IP sont tous bloqués, même si un seul devait être bloqué originellement.

5-8-3-1. Filtrage par mots-clefs▲

Le filtrage par adresse IP ne peut bloquer les communications qu’en se basant sur la source et sur la destination des paquets, pas sur ce qu’ils contiennent. Ce peut être un problème pour le censeur s’il est impossible d’établir une liste complète des adresses IP offrant un contenu interdit ou si une adresse IP contient suffisamment de contenu autorisé pour qu’il semble injuste de bloquer la totalité des communications avec elle. Un contrôle plus fin est possible : le contenu des paquets peut être inspecté à la recherche de mots-clefs bannis. Comme les routeurs réseaux n’examinent normalement pas tout le contenu du paquet, un dispositif supplémentaire est nécessaire. Le processus de contrôle du contenu du paquet est souvent appelé DPI (Deep Packet Inspection ou « inspection des paquets en profondeur »). Une communication où serait identifié du contenu prohibé pourrait être coupée en bloquant les paquets directement où en créant un message pour dire aux deux interlocuteurs que l’autre a terminé la conversation. Les dispositifs qui réalisent toutes ces fonctions de censures, et davantage, sont déjà disponibles sur le marché. Le censeur peut aussi utiliser un proxy HTTP obligatoire, comme décrit précédemment.

5-8-4. La gestion de flux▲

La gestion de flux est une technique utilisée par les gestionnaires d’un réseau pour lui permettre de fonctionner de façon fluide en privilégiant certains types de paquets et en retardant d’autres types de paquets correspondant à certains critères. La gestion de flux est relativement similaire au contrôle du trafic routier. En général, tous les véhicules (les paquets) ont la même priorité, mais certains véhicules sont temporairement mis en attente par des contrôleurs de trafic ou par des feux pour éviter des embouteillages à certains endroits. Dans le même temps, certains véhicules (pompiers, ambulances) peuvent avoir besoin d’atteindre leur destination plus vite et reçoivent une priorité par rapport aux autres véhicules qui sont retardés. Une logique similaire est applicable aux paquets qui nécessitent une latence faible pour des performances optimales, comme laVoIP. La gestion de flux peut également être utilisée par des gouvernements ou d’autres entités pour retarder les paquets porteurs d’informations spécifiques. Si les censeurs veulent restreindre l’accès à certains services, ils peuvent aisément identifier les paquets liés à ces services et accroître leur latence en leur donnant une priorité faible. Cela conduit les utilisateurs à l’impression trompeuse que le site visité est lent ou peu fiable, ou cela peut tout simplement défavoriser le site en rendant l’usage peu agréable comparé à d’autres sites. Cette technique est parfois utilisée contre des réseaux de partage de fichiers en peer-to-peer comme BitTorrent par des FAI qui défavorisent le partage de fichiers.

5-8-5. Le blocage de port▲

Filtrer individuellement des numéros de port restreint l’accès à des services particuliers sur un serveur, comme le Web ou l’e-mail. Les services les plus répandus sur Internet ont des numéros de port caractéristiques. La relation entre les services et les numéros de port est normalisé par l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority, « autorité des numéros affectés sur Internet »), mais il n’y a pas d’obligation. Ces recommandations permettent aux routeurs de deviner à quel service un paquet est destiné. Ainsi, pour bloquer seulement le trafic Web d’un site, un censeur pourrait ne bloquer que le port 80 parce que c’est celui généralement utilisé pour accéder au Web. L’accès aux ports peut être contrôlé par l’administrateur du réseau ou de l’organisation où se trouve l’ordinateur que vous utilisez, qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un cybercafé, par le FAI qui vous connecte à Internet, ou par une autre entité comme par exemple un organe de censure gouvernemental qui a accès aux connexions disponibles chez le FAI. Des ports peuvent également être bloqués pour d’autres raisons que la censure de contenu : réduire les spams, décourager certains usages du réseau comme l’échange de fichiers peer-to-peer, la messagerie instantanée ou les jeux en réseau. Si un port est bloqué, tout le trafic sur ce port devient inaccessible. Les censeurs bloquent souvent les ports 1080, 3128 et 8080 parce que sont les ports de proxy les plus communs. Si c’est le cas, vous ne pourrez pas utiliser de proxy qui utilise un de ces ports. Vous devrez recourir à une autre technique de contournement ou bien trouver ou créer des proxys qui écoutent sur un port inhabituel. Par exemple, dans une université, seuls les ports 22 (SSH), 110 (POP3), 143 (IMAP), 993 (IMAP sécurisé), 995 (POP3 sécurisé) et 5190 (messagerie instantanée ICQ) peuvent être ouverts pour des connexions vers l’extérieur, forçant les internautes à utiliser des techniques de contournement ou à accéder aux autres services Internet par des ports non standards.

5-8-6. Coupure d’Internet▲

La coupure complète d’Internet est un exemple de censure extrême, perpétrée par des États en réponse à des événements politiques et/ou sociaux brûlants. Toutefois, la rupture complète des communications du réseau, aussi bien domestiques qu’internationales, requiert un travail intense, puisqu’il est nécessaire de couper non seulement les protocoles qui connectent le pays au réseau international, mais aussi les protocoles qui connectent les FAI entre eux et avec leurs abonnés. Des pays ont déjà complètement coupé l’accès à Internet (le Nepal en 2005, la Birmanie en 2007, l’Égypte, la Libye et la Syrie en 2011) comme moyen de réprimer une agitation politique. Ces coupures ont duré de quelques heures à plusieurs semaines, bien que quelques personnes aient réussi à se connecter, en RTC par l’intermédiaire d’un FAI étranger, ou en utilisant des accès de téléphonie mobile ou un lien satellitaire. La rupture des connexions internationales, de ce fait, ne détruit pas nécessairement la connexion entre les FAI domestiques, ou la communication entre différents utilisateurs d’un même FAI. Des étapes supplémentaires sont à réaliser pour isoler complètement les utilisateurs d’un réseau interne. Pour cette raison, il est plus difficile de rompre la connexion locale dans les pays comptant plusieurs FAI.

5-9. Attaquer les éditeurs▲

Les censeurs peuvent également essayer de supprimer le contenu et les services à leur source en s’attaquant à la capacité de l’éditeur à publier ou à héberger l’information. Ceci peut être accompli de plusieurs façons.

5-9-1. Restrictions légales▲

Parfois, les autorités peuvent induire les opérateurs de services à censurer ou à collaborer avec la censure. Certains hébergeurs de blogs ou fournisseurs d’e-mail, par exemple, peuvent décider de filtrer certains mots-clés sur leurs serveurs, peut-être à la demande de gouvernements. Dans ce cas, il y a peu d’espoir qu’une quelconque technique de contournement puisse contrer la censure de ces services. Nous concevons généralement le contournement comme un effort pour atteindre les services réseau désirés situés ailleurs, comme un autre pays ou une autre juridiction.

5-9-2. Déni de service▲

Là où l’organisation déployant un système de filtrage n’a pas l’autorité ni l’accès à l’infrastructure réseau pour ajouter des mécanismes de blocage conventionnels, des sites Web peuvent être rendus inaccessibles en surchargeant le serveur ou la connexion réseau. Cette technique connue sous le nom d’attaque DoS(Denial-of-Service, soit « déni de service ») peut être mise en œuvre depuis un unique ordinateur disposant d’une connexion réseau très rapide. Plus classiquement, le contrôle d’un grand nombre d’ordinateurs est pris pour organiser une attaque DoS distribuée (DDoS).

5-9-3. Suppression de nom de domaine▲

Comme expliqué précédemment, la première étape d’une requête Web est de contacter le serveur DNS local pour trouver l’adresse IP de l’emplacement cherché. Enregistrer tous les noms de domaine existant serait infaisable donc on utilise à la place des « résolveurs récursifs » qui conservent des adresses vers d’autres serveurs DNS qui ont plus de chance de connaître la réponse. Ces serveurs dirigeront le résolveur récursif vers les DNS suivants, jusqu’à un serveur « autorité » qui peut retourner la réponse. Le DNS est organisé de manière hiérarchisée, avec des domaines de premier niveau, régionaux comme « .uk » et « .de », génériques comme « .org » et « .com ». Les serveurs responsables de ces domaines délèguent la gestion des sous-domaines comme « example.com » à d’autres serveurs DNS et y redirigent les requêtes concernant ces domaines. Ainsi, si le serveur DNS de premier niveau supprime un nom de domaine, les résolveurs récursifs seront incapables de trouver l’adresse IP et rendront le site inaccessible. Les domaines de premiers niveaux géographiques sont habituellement gérés par le gouvernement du pays en question ou par une institution associée. Donc si un site est enregistré dans le domaine d’un pays qui interdit le contenu hébergé, il court le risque d’être supprimé.

5-9-4. Saisie de serveur▲

Les serveurs hébergeant du contenu sont nécessairement localisés quelque part, tout comme l’administrateur qui les gère. Si ces endroits sont sous le contrôle légal ou extra-légal de quelqu’un opposé au contenu hébergé, le serveur peut être déconnecté ou les administrateurs contraints de le désactiver.

5-10. Intimidation des utilisateurs▲

Les censeurs peuvent aussi essayer de décourager les utilisateurs de ne serait-ce qu’essayer d’accéder au contenu banni de plusieurs manières.

5-10-1. Surveillance▲

Les mécanismes ci-dessus empêchent d’accéder à un contenu banni, mais ils sont à la fois grossiers et faillibles. Une autre approche, qui peut être appliquée en parallèle au filtrage, est de surveiller les sites Web visités. Si un accès à un contenu prohibé est détecté (ou une tentative d’y accéder), alors des mesures légales (ou extra-légales) pourraient être utilisées comme représailles. Si la répression est connue, elle pourrait décourager d’autres de tenter d’accéder aux contenus bannis, y compris si les mesures techniques pour empêcher l’accès sont insuffisantes. Dans certains endroits, les censeurs essaient de créer l’impression que leurs agents sont partout et que tout le monde est surveillé en permanence, que ce soit le cas ou non.

5-10-2. Techniques sociales▲

Des techniques sociales sont souvent utilisées pour décourager les utilisateurs d’accéder à un contenu inapproprié. Les familles peuvent placer l’ordinateur dans le salon où l’écran est visible de toutes les personnes présentes plutôt que dans un lieu privé : c’est un moyen modéré de décourager les enfants d’accéder à des sites qui ne leur sont pas adaptés. Un bibliothécaire peut orienter les ordinateurs de façon que leurs écrans soient visibles depuis son bureau. Un cybercafé peut avoir une caméra de vidéosurveillance. Il pourrait y avoir une réglementation locale imposant de telles caméras et obligeant les utilisateurs à s’enregistrer au moyen d’une carte nationale d’identité comportant une photographie.

5-10-3. Vol et destruction des infrastructures de communication▲

Les censeurs ont la possibilité d’interdire certains types de technologie de communication dans leur ensemble à certains endroits. Dans ce cas, ils peuvent ostensiblement rechercher, confisquer et détruire du matériel du système de communication interdit dans le but de faire passer le message que cette utilisation ne sera pas tolérée.

6. Contournement et Sécurité▲

Le type de sécurité dont vous avez besoin dépend de vos activités et de leurs conséquences. Certaines mesures devraient être pratiquées par tous, que l’on se sente menacé ou pas. Certaines pratiques de prudence en ligne requièrent plus d’efforts, mais sont nécessaires à cause de restrictions sévères de l’accès à Internet. Vous pouvez être confronté à des attaques issues de technologies rapidement mises en œuvre et déployées, à des vieilles technologies, à de l’espionnage, ou bien d’une combinaison des trois. Ces facteurs peuvent changer souvent.

6-1. Quelques bonnes pratiques de sécurité▲

Il y a des mesures que chaque utilisateur d’ordinateur devrait prendre pour assurer sa sécurité : protéger les informations relatives à son réseau d’activistes ou garder secret son numéro de carte de crédit. Cela dit, certains des outils dont vous avez besoin sont les mêmes. Méfiez-vous des programmes qui vous promettent une sécurité parfaite : la sécurité en ligne est une combinaison de bons logiciels et de comportements humains. La question de savoir ce qui devrait rester hors-ligne, à qui faire confiance et autres questions de sécurité ne peut être résolue seulement par la technologie. Privilégiez des programmes qui ont été audités ou listent les risques sur leur site Web. Maintenez votre système à jour : les développeurs de systèmes d’exploitation fournissent des mises à jour que vous devriez installer régulièrement. Elles peuvent être automatiques, à la demande en saisissant une commande ou en ajustant un paramètre de votre système. Certaines de ces mises à jour permettent à votre système d’être plus efficace et plus facile à utiliser, d’autres corrigent des failles de sécurité. Les attaquants sont rapidement au courant de ces failles, quelquefois avant même qu’elles soient corrigées. Il est donc crucial de les corriger au plus vite. Si vous utilisez encore Microsoft Windows, utilisez un antivirus et maintenez votre système à jour. Un programme malveillant appelé « malware » est un logiciel écrit pour voler des informations ou utiliser votre ordinateur. Les virus et les programmes malveillants peuvent obtenir un accès à votre système, faire des modifications et se rendre invisibles. Ils peuvent vous être envoyés dans un e-mail, se trouver dans une page Web que vous visitez, ou faire partie d’un fichier qui ne semble pas suspect. Les éditeurs de logiciels antivirus cherchent constamment les nouvelles menaces et les ajoutent à la liste des choses que votre ordinateur bloquera. Pour permettre au logiciel de détecter ces nouvelles menaces, vous devez installer les mises à jour dès qu’elles sont disponibles. Utilisez des mots de passe sûrs : aucun système à saisie de mot de passe ne peut résister à la menace d’une attaque brute, mais vous pouvez améliorer votre sécurité en les rendant plus difficiles à deviner. Utilisez des combinaisons de lettres, chiffres, signes de ponctuation. Combinez minuscules et majuscules. Ne vous servez pas de dates anniversaires, de numéros de téléphone ou de mots qui puissent être devinés en cherchant des informations publiques vous concernant. Utilisez des logiciels libres ou open source. Les logiciels open source sont distribués comme des produits à la fois fonctionnels ou à améliorer aux utilisateurs et programmeurs. Cela assure plusieurs avantages en termes de sécurité par rapport aux logiciels propriétaires (par opposition à open source) et commerciaux, qui peuvent n’être disponibles dans votre pays que par des canaux illégaux à cause des restrictions et frais d’export. Vous pourriez ne pas être en mesure de télécharger les mises à jour officielles pour une version piratée. Avec les logiciels libres, vous n’avez pas besoin de chercher une version sans virus ni failles de sécurité sur des sites suspects. Chaque version officielle sera librement accessible depuis le site des auteurs. Si des failles de sécurité apparaissent, elles peuvent être détectées par des bénévoles ou des utilisateurs concernés. Une communauté de programmeurs travaillera à l’élaboration d’une solution, souvent très rapidement. Utilisez des logiciels qui ne font pas le lien entre qui vous êtes et où vous êtes. Tout ordinateur connecté à Internet possède une adresse IP. Celle-ci peut être utilisée pour déterminer votre position physique, simplement en la recopiant dans un site public de « Whois ». Les proxys, VPN et Tor redirigent votre trafic via trois ordinateurs disséminés dans le monde. Si vous vous servez d’un unique proxy, sachez que, tout comme un FAI, son fournisseur peut voir tout votre trafic. Vous pouvez lui faire confiance, plus qu’à votre FAI, mais les mêmes avertissements s’appliquent à n’importe quel moyen de connexion. Consultez la section sur les proxys, Tor et les VPN pour en savoir plus sur les risques. Démarrez l’ordinateur sur des CD et des clés USB. Si vous utilisez un ordinateur public ou un ordinateur sur lequel vous ne voulez pas laisser de trace, utilisez une version de GNU/Linux que vous pouvez lancer depuis un média amovible. Un Live CD ou une clé USB de démarrage peuvent servir à utiliser un ordinateur sans avoir à installer quoi que ce soit. Utilisez des applications portables : il y a aussi des versions portables des logiciels de contournement qui fonctionnent sous Windows depuis une clé USB. Restez à jour : les efforts investis pour vous trouver peuvent changer. Une technologie qui fonctionne un jour peut arrêter de fonctionner ou ne plus être sûre le jour suivant. Même si vous n’en avez pas besoin maintenant, sachez où trouver des informations. Si le fournisseur du logiciel que vous utilisez offre un support technique, assurez-vous d’en savoir assez à ce propos avant que leurs sites Web ne soient bloqués.

6-2. Un accès sécurisé aux réseaux sociaux▲

Dans le contexte de sociétés fermés et de gouvernements répressifs, la surveillance devient une menace majeure pour les utilisateurs de sites de réseaux sociaux, tout particulièrement s’ils utilisent ces services pour coordonner des activités citoyennes, ou pour s’engager dans l’activisme en ligne ou bien le journalisme citoyen. Un problème central avec les plateformes de réseaux sociaux est la quantité de données privées que vous partagez à votre sujet, vos activités et vos contacts, et qui y a accès. Comme ces technologies évoluent et l’accès aux réseaux sociaux se fait de plus en plus via des téléphones portables, la révélation de la géolocalisation des utilisateurs à un instant donné devient aussi une menace significative. Dans cette optique, certaines précautions deviennent encore plus importantes. Vous devriez : ajuster vos paramètres de confidentialité sur la plateforme du réseau social ; savoir exactement quelles sont les informations que vous partagez et avec qui ; comprendre les paramètres de géolocalisation par défaut et les ajuster si besoin ; accepter dans votre réseau seulement les gens que vous connaissez vraiment et à qui vous faites confiance ; accepter dans votre réseau les gens qui seront suffisamment attentifs pour protéger les informations privées que vous partagez avec eux, ou apprenez-leur à se protéger ; savoir que même les personnes les plus attentives de votre réseau peuvent donner des informations si elles sont menacées par votre adversaire. Pensez donc à limiter le nombre de gens et les informations qui leurs sont accessibles ; savoir qu’accéder à votre plateforme de réseau social depuis un outil de contournement ne vous protégera pas automatiquement de la plupart des menaces qui pèsent sur votre vie privée. Pour en savoir plus, lisez cet article de la Privacy Rights Clearinghouse : Social Networking Privacy : How to be Safe, Secure and Social http://www.privacyrights.org/social-networking-privacy/#general-tips [NdT : lien en anglais]

6-2-1. Comment accéder à un réseau social quand il est filtré ?▲

Utiliser HTTPS pour accéder aux sites Web est important. Si votre plateforme de réseau social propose un accès en HTTPS, vous devriez vous y connecter que par ce biais et, si possible, le choisir par défaut. Par exemple, sur Facebook, vous pouvez modifier « Compte > Paramètres du compte > Sécurité du compte > Utiliser une connexion sécurisée (https) pour Facebook lorsque c’est possible » afin de vous connecter par défaut en HTTPS à votre compte Facebook. Dans certains lieux, l’utilisation de la connexion HTTPS peut aussi vous permettre d’accéder à un service autrement inaccessible. Par exemple, http://twitter.com/ a été bloqué en Birmanie alors que https://twitter.com/ reste accessible. Si vous voulez protéger votre anonymat et votre vie privée lorsque vous contournez le filtrage imposé sur votre service de réseau social, un tunnel SSH ou un VPN vous donneront de meilleures garanties qu’un proxy Web, en particulier contre le risque de révélation de l’adresse IP. L’utilisation d’un réseau anonymisé tel que Tor peut se révéler insuffisante parce que les plateformes de réseaux sociaux rendent aisée la révélation d’informations permettant l’identification et exposant des détails de vos contacts et relations.

6-3. Utilisation plus sûre des ordinateurs partagés▲

Une proportion significative de la population, surtout dans les pays en voie de développement, n’a pas d’accès Internet à domicile. Cela peutêtre dû à son coût, au manque d’équipement en ordinateurs personnels ou à des problèmes dans les infrastructures de communication ou du réseau électrique. Pour cette partie de la population, le seul moyen abordable et commode existant d’accéder à Internet est de recourir à des lieux où les ordinateurs sont partagés entre plusieurs personnes. On peut citer les cybercafés, les télécentres, les stations de travail, les écoles et les bibliothèques. Image non disponible

6-3-1. Avantages potentiels des ordinateurs publics▲

Accéder à Internet depuis un ordinateur public offre certains avantages : vous pouvez obtenir des conseils et de l’assistance technique des autres utilisateurs ou de l’équipe technique sur la façon de contourner le filtrage ; les outils de contournement peuvent être déjà installés et configurés ; d’autres utilisateurs peuvent partager avec vous des informations, hors-ligne, à l’abri de la censure ; si vous n’êtes pas un utilisateur régulier d’un équipement informatique, si vous ne fournissez pas des documents d’identité à l’opérateur, et si vous ne vous connectez pas en ligne avec votre véritable nom ou ne divulguez pas d’informations véridiques, il est difficile de vous identifier en se basant sur votre activité en ligne.

6-3-2. Principaux risques d’utilisation des ordinateurs publics▲

Le fait que vous accédiez à Internet dans un espace public ne vous rend pas anonyme et ne vous protège pas. C’est même bien souvent l’exact opposé. Parmi les principales menaces : le propriétaire de l’ordinateur, ou même une personne qui a utilisé l’ordinateur avant vous, peut facilement programmer l’ordinateur pour espionner ce que vous faites, par exemple enregistrer tous vos mots de passe. L’ordinateur peut aussi être programmé pour contourner ou annuler les protections des logiciels de sécurité et de confidentialité que vous utilisez ; dans certains pays tels la Birmanie et Cuba, les clients des cybercafés sont obligés de montrer leur carte d’identité ou passeport avant d’utiliser le service. Cette information d’identité peut être enregistrée et classée avec l’historique de navigation des clients ; chaque donnée que vous laissez sur l’ordinateur que vous avez utilisé peut être journalisée (historique de navigation, cookies, fichiers téléchargés, etc.) ; les logiciels ou matériels de journalisation de la frappe clavier installés sur l’ordinateur du client peuvent enregistrer chaque caractère saisi pendant votre session, comme votre mot de passe, avant même que cette information soit envoyé sur Internet. Au Vietnam, un clavier virtuel apparemment inoffensif pour taper des caractères vietnamiens a été utilisé par le gouvernement pour surveiller l’activité des utilisateurs de cybercafés et d’autres accès publics ; votre session peut être enregistrée par un logiciel spécial qui réalise des captures d’écran à intervalles réguliers, surveillée par vidéosurveillance ou simplement par une personne telle que le responsable du cybercafé qui regarde par-dessus votre épaule. Image non disponible

6-3-3. Ordinateurs publics et censure▲

En plus de la surveillance, les utilisateurs des ordinateurs publics se voient souvent offrir un accès limité à Internet et doivent faire face à des obstacles supplémentaires pour utiliser leur solution de contournement favorite. Dans certains pays, comme la Birmanie, les propriétaires de cybercafés doivent disposer des affiches sur la censure du Web et sont responsables du respect des lois de censure au sein de leur entreprise. Des filtrages supplémentaires peuvent être mis en place par les gestionnaires de cybercafé (contrôle et filtrage côté client), pour compléter le filtrage fait au niveau des FAI ou au niveau national. Les utilisateurs peuvent être incités par les restrictions présentes à éviter de visiter certains sites Web par peur de la répression, renforçant ainsi la censure. Les ordinateurs sont souvent configurés pour empêcher les utilisateurs d’installer un quelconque logiciel, y compris les logiciels de contournement, ou de brancher un appareil sur le port USB (comme des clés USB). À Cuba, les autorités ont commencé à déployer un logiciel de contrôle pour les cybercafés, AvilaLink, qui empêche les utilisateurs d’installer ou d’exécuter certains logiciels ou de lancer des applications depuis une clé USB. L’ordinateur peut être configuré pour empêcher les internautes d’utiliser un autre navigateur qu’Internet Explorer, afin d’éviter l’utilisation d’extensions pour des navigateurs comme Mozilla Firefox ou Google Chrome dédiées à la vie privée ou au contournement.

6-3-4. Meilleures pratiques de la sécurité et du contournement▲

Selon l’environnement dans lequel vous vous servez d’un ordinateur public, vous pouvez essayer ce qui suit : identifiez les mesures de surveillance mises en place d’après la liste précédemment énumérée (vidéosurveillance, surveillance humaine, keyloggers, etc.) et adaptez votre comportement ; exécutez des logiciels de contournement depuis une clé USB ; utilisez un système d’exploitation que vous contrôlez grâce à un Live CD ; changez régulièrement de cybercafé si vous craignez la surveillance récurrente, cantonnez-vous au même si vous pensez qu’il est sûr ; amenez votre propre ordinateur portable au cybercafé et utilisez-le à la place des ordinateurs publics.

6-4. Confidentialité et HTTPS▲

Certains réseaux filtrés utilisent en priorité, voire exclusivement, du filtrage par mots-clefs plutôt que de bloquer des sites en particulier. Des réseaux peuvent bloquer toute communication utilisant des mots-clefs considérés comme sensibles d’un point de vue politique, religieux ou culturel. Ce blocage peutêtre ostensible ou déguisé en erreur technique. Par exemple, certains réseaux font apparaitre une erreur lorsque vous cherchez quelque chose et que l’opérateur du réseau pense que cela est indésirable. Ainsi, il y a moins de chances que les utilisateurs dénoncent une censure. Si le contenu des communications n’est pas chiffré, il sera visible par l’équipement réseau du FAI comme les routeurs et les pare-feux, où la censure et la surveillance à base de mots-clefs peuvent être mises en place. Cacher le contenu des communications à l’aide du chiffrement rend la tâche de la censure bien plus difficile parce que l’équipement réseau ne peut plus distinguer les communications qui contiennent les mots-clefs interdits des autres. Utiliser le chiffrement pour garder les communications confidentielles évite aussi que les équipements réseau ne journalisent les communications pour les analyser et cibler des individus d’après les faits qu’ils ont lu ou écrit.

6-4-1. Qu’est-ce que le HTTPS▲

Le HTTPS est une version sécurisée du protocole HTTP utilisée pour accéder aux sites Web. Il fournit une mise à jour de sécurité pour l’accès aux sites Web en utilisant le chiffrement pour empêcher l’écoute et l’usurpation des contenus de vos communications. Utiliser HTTPS pour accéder à un site peut empêcher l’opérateur réseau de savoir quelle partie du site vous utilisez ou quelles informations vous envoyez et recevez. Le support du HTTPS est déjà assuré dans tous les navigateurs Web connus, donc pas besoin de logiciel pour l’utiliser. Habituellement, si un site propose l’HTTPS, vous pouvez accéder à la version sécurisée du site en commençant l’URL par https:// à la place de http://. Vous pouvez aussi savoir si vous utilisez la version sécurisée du site en regardant si l’adresse affichée dans la barre de navigation de votre navigateur Web commence par https://. Tous les sites n’ont pas de version HTTPS. Peut-être moins de 10% des sites web en proposent une. En revanche, les sites le faisant comprennent la plupart des sites les plus utilisés. Un site Web n’est disponible en HTTPS que si le propriétaire du serveur le configure pour. Les experts en sécurité exhortent régulièrement les sites Web de le faire, et le support de HTTPS croît régulièrement. Si vous essayez d’accéder à un site via HTTPS et recevez une erreur, ça ne veut pas toujours dire que votre réseau bloque le site. Ce peut être simplement que le site n’est pas disponible en HTTPS (à qui que ce soit). Cependant, certains types de message d’erreur peuvent montrer que quelqu’un bloque de manière active le site ou usurpe la connexion, en particulier si le site est censé être disponible en HTTPS.

6-4-2. Exemples de sites proposant le HTTPS▲

Voici quelques exemples de sites célèbres qui proposent le HTTPS. Dans certains cas, son utilisation est optionnelle, non obligatoire, et vous devez donc choisir explicitement la version sécurisée du site afin d’en bénéficier. Nom du site Version HTTP Version HTTPS Facebook http://www.facebook.com/ https://www.facebook.com/ Gmail http://mail.google.com/ https://mail.google.com/ Google Search http://www.google.com/ https://encrypted.google.com/ Twitter http://twitter.com/ https://twitter.com/ Wikipedia http://en.wikipedia.org/ https://secure.wikimedia.org/wikipedia/en/wiki/ Windows Live Mail (MSN Hotmail) http://mail.live.com/ http://www.hotmail.com/ https://mail.live.com/ Si vous faites une recherche Google depuis https://encrypted.google.com/ plutôt que depuis http://www.google.com/, votre opérateur réseau ne sera pas capable de connaître les termes de votre recherche. Il ne pourra donc pas bloquer les recherches « inappropriées » (mais l’opérateur réseau pourrait décider de bloquer encrypted.google.com en entier). De même, si vous utilisez Twitter à travers https://twitter.com/ plutôt que http://twitter.com/, l’opérateur réseau ne pourrait pas voir les tweets que vous lisez, les tags que vous consultez ou ce que vous y postez, ni avec quel compte vous vous connectez (mais l’opérateur réseau peut décider de bloquer les accès à twitter.com en HTTPS).

6-4-3. HTTPS et SSL▲

HTTPS utilise un protocole de sécurité nommé TLS (pour Transport Layer Security) ou SSL (pour Secure Sockets Layer). Vous pouvez entendre des gens parler d’un site qui « utilise SSL » ou que c’est un « site SSL ». Dans le contexte d’un site Web, cela signifie que le site est disponible en HTTPS.

6-4-4. Utiliser HTTPS en plus d’une technique de contournement▲

Les techniques de contournement qui utilisent le chiffrement ne se substituent pas à l’utilisation de HTTPS, parce que le rôle de ce chiffrement est différent. Pour de nombreuses techniques, dont les VPN, proxys et Tor, il est toujours possible et pertinent d’utiliser des adresses HTTPS quand vous accédez à un site bloqué. Cela assure une plus grande sécurité et empêche le fournisseur de l’outil de contournement lui-même de savoir ce que vous faites. Ce peut être important même si vous lui faites confiance, parce que celui-ci (ou le réseau dont il se sert) pourrait être infiltré ou subir des pressions. Certains développeurs de techniques de contournement comme Tor exhortent avec virulence les utilisateurs à toujours utiliser HTTPS, pour être sûrs que les relais eux-mêmes ne puissent pas les espionner. Vous pouvez en lire plus sur ce problème sur https://blog.torproject.org/blog/plaintext-over-tor-still-plaintext [NdT: en anglais]. Utiliser le HTTPS dès que possible est une bonne habitude à prendre, même lorsqu’on utilise déjà d’autres techniques de contournement.

6-4-5. Trucs et astuces d’utilisation de HTTPS▲

Si vous aimez enregistrer les sites que vous visitez régulièrement dans vos marque-pages afin de ne pas avoir à taper à nouveau l’adresse complète, souvenez-vous d’enregistrer la version sécurisée. Dans Mozilla Firefox, vous pouvez installer l’extension « HTTPS Everywhere » pour activer automatiquement HTTPS quand vous visitez un site connu pour le proposer. L’extension est disponible à cette adresse : https://www.eff.org/https-everywhere/.

6-4-6. Ne pas utiliser HTTPS, les risques▲

Quand vous n’utilisez pas HTTPS, un opérateur réseau, comme votre FAI ou l’opérateur d’un pare-feu national, peut enregistrer tout ce que vous faites ainsi que le contenu de certaines pages auxquelles vous accédez. Ils peuvent utiliser cette information pour bloquer certaines pages ou créer des documents pouvant être utilisés contre vous plus tard. Ils peuvent aussi modifier le contenu de pages Web pour supprimer certaines informations et insérer des logiciels malveillants pour vous espionner ou infecter votre ordinateur. Dans de nombreux cas, d’autres utilisateurs du même réseau peuvent aussi faire ces choses sans être l’opérateur officiel du réseau. En 2010, certains de ces problèmes ont été amplifiés par un programme appelé « Firesheep », qui permet aux utilisateurs d’un réseau de prendre le contrôle des comptes sociaux des autres utilisateurs très facilement. Firesheep fonctionnait parce que, au moment où il a été créé, ces sites de réseaux sociaux ne proposaient généralement pas le HTTPS, ou de manière limitée pour protéger uniquement certaines parties du site. Cette démonstration a fortement attiré l’attention des médias et amené davantage de sites à demander l’utilisation de HTTPS, ou du moins à offrir un accès HTTPS optionnel. Cela a aussi permis à des personnes sans connaissances techniques d’usurper le compte d’autres personnes. En janvier 2011, durant une période de troubles politiques en Tunisie, le gouvernement a commencé à intercepter les connections des utilisateurs de Facebook pour voler leurs mots de passe. Ce fut fait en modifiant la page de connexion de Facebook et en ajoutant de manière invisible un logiciel qui envoyait des informations de connexion aux autorités. De telles modifications sont techniquement simples à effectuer et pourrait être faites par tout opérateur réseau à tout moment. Pour autant que l’on sache, les utilisateurs tunisiens de Facebook qui utilisaient HTTPS étaient complètement protégés.

6-4-7. Risques d’utilisation de HTTPS▲

Quand c’est possible, utiliser HTTPS est presque toujours plus sûr qu’utiliser HTTP. Même si quelque chose se passe mal, cela ne devrait pas rendre vos communications plus faciles à espionner ou filtrer. Essayez d’utiliser HTTPS là où vous pouvez a du sens, mais sachez qu’en principe le chiffrement peut être légalement restreint dans certains pays. Le HTTPS ne fournit pas toutefois une protection complète dans certains cas.

6-4-8. Les avertissements de certificat▲

Parfois, quand vous essayez d’accéder à un site en HTTPS, votre navigateur Web affichera un message décrivant un problème avec le certificat numérique du site. Le certificat est utilisé pour assurer la sécurité de la connexion. Ces avertissements sont là pour vous protéger des attaques, ne les ignorez pas. Si vous les ignorez ou les contournez, vous serez peut-être en mesure d’utiliser le site mais limiterez la capacité de HTTPS à protéger vos communications. Dans ce cas, l’accès au site ne sera pas plus sécurisé que par une connexion HTTP ordinaire. Si vous êtes confronté à un avertissement de certificat, vous devriez le rapporter par e-mail au webmaster du site auquel vous tentez d’accéder afin qu’il corrige le problème. Si vous utilisez un site en HTTPS monté par une personne, comme certains proxys Web, vous pourriez recevoir une erreur de certificat parce que celui-ci est autosigné, signifiant que le navigateur n’a pas de moyen de déterminer si la communication est sur écoute. Pour certains de ces sites, vous n’aurez pas d’autre alternative que d’accepter le certificat autosigné si vous voulez y accéder. Cependant, vous devriez essayer de vous assurer par un autre moyen, comme l’e-mail ou la messagerie instantanée, que le certificat est celui attendu, ou regarder si c’est toujours le même lorsque vous utilisez une autre connexion à Internet depuis un autre ordinateur.

6-4-9. Le contenu mélangé▲

Une page Web est généralement composée de nombreux éléments différents qui peuvent se trouver à différents endroits et être récupérés séparément les uns des autres. Parfois un site utilisera le HTTPS pour certains éléments de la page Web, mais seulement du HTTP pour les autres. Par exemple, un site pourrait ne permettre qu’un accès HTTP pour accéder à certaines images. En février 2011, le site sécurisé de Wikipédia rencontra ce problème. Le texte des pages pouvait être récupéré en HTTPS alors que toutes les images étaient récupérées en http : les images pouvaient ainsi être identifiées et bloquées, ou utilisées pour déterminer quelle page Wikipédia l’utilisateur lisait.

6-4-10. Redirection vers la version HTTP d’un site▲

Certains sites utilisent HTTPS de manière limitée et forcent les utilisateurs à retourner à un accès HTTP même après une connexion en HTTPS. Par exemple, certains sites utilisent HTTPS pour les pages de connexion, où les utilisateurs entrent leurs identifiants de compte, mais le HTTP pour les autres pages une fois l’utilisateur connecté. Ce genre de connexion rend les utilisateurs vulnérables à la surveillance. Vous devriez y faire attention. Si vous êtes redirigé vers une page non sécurisé durant votre navigation sur un site, vous n’avez plus la protection du HTTPS.

6-4-11. Réseaux et pare-feux bloquant HTTPS▲

À cause de la manière dont HTTPS fait entrave à la surveillance et au blocage, certains réseaux bloquent complètement HTTPS pour l’accès à certains sites, ou même bloquent l’utilisation de HTTPS complètement. Dans ce cas, vous pouvez être contraint d’utiliser la version non sécurisée de ces sites. Vous pourriez vous retrouver incapable d’accéder à un site à cause du blocage de HTTPS. Si vous utilisez HTTPS Everywhere, ou certains logiciels similaires, vous ne pourrez pas utiliser certains sites parce qu’ils ne permettent pas la connexion non sécurisée. Si votre réseau bloque le HTTPS, vous devez comprendre que l’opérateur réseau peut voir et enregistrer toutes vos activités de navigation. Dans ce cas, vous devriez essayer d’autres techniques de contournement, en particulier celles qui offrent d’autres formes de chiffrement, comme les VPN et les proxys SSH.

6-4-12. Utilisation de HTTPS depuis un ordinateur non sûr▲

Le HTTPS ne protège que le contenu de vos communications lorsqu’elles transitent sur Internet. Il ne protège pas votre ordinateur ni les contenus affichés sur votre écran ou ceux de votre disque dur. Si l’ordinateur que vous utilisez est public ou, d’une quelconque manière non sûr, il pourrait contenir un logiciel de contrôle, d’espionnage ou de censure qui enregistre ou bloque certains mots-clés sensibles. Dans ce cas, la protection offerte par HTTPS pourrait se révéler moins efficace, puisque le contrôle et la censure viendraient de l’ordinateur lui-même plutôt que d’un pare-feu du réseau.

6-4-13. Vulnérabilité du système de certificats de HTTPS▲

Le système de certificats par autorité de HTTPS utilisé pour sécuriser les connexions, PKI (Public Key Infrastructure, « infrastructure à clés publiques »), a certaines vulnérabilités. Ainsi, un agresseur compétent ayant à sa disposition les ressources adéquates pourrait faire en sorte que votre navigateur n’affiche pas d’avertissement lors d’une attaque. On ne sait pas encore clairement si cela s’est déjà produit quelque part. Ce n’est pas une raison pour se passer de HTTPS puisque, même dans le pire des cas, une connexion HTTPS n’est pas moins sûr qu’une connexion HTTP.

7. Trucs et astuces▲

Il existe un certain nombre de techniques pour contourner le filtrage Internet. Si votre objectif est seulement d’afficher des pages ou utiliser des services en ligne bloqués où vous vous trouvez, et que vous ne vous souciez pas du fait que votre contournement soit détecté ou observé, ces techniques pourraient vous suffire :

  • utiliser HTTPS ;
  • utiliser des noms de domaine ou URL alternatifs pour afficher le contenu bloqué ;
  • utiliser des sites tiers pour afficher le contenu bloqué ;
  • passer par des passerelles d’e-mail pour recevoir les pages bloquées.

7-1. Utiliser HTTPS▲

HTTPS est la version sécurisée du protocole HTTP utilisé pour accéder aux sites web. Dans certains pays, et si le site que vous souhaitez visiter a activé HTTPS, tapez simplement l’adresse (URL) en commençant par https:// à la place de http://https://. peut vous permettre d’accéder au site, même si l’adresse est bloquée. Par exemple, http://twitter.com/ a été bloqué en Birmanie, alors que https://twitter.com/ était accessible. Pour plus de détails sur cette technique, lisez le chapitre « Confidentialité et HTTPS » et le chapitre « HTTPS Everywhere ».

7-2. Des noms de domaine et des URL alternatives▲

L’un des moyens les plus courants pour censurer un site Web consiste à bloquer l’accès à son nom de domaine, par exemple « news.bbc.co.uk ». Cependant, les sites restent souvent accessibles par d’autres noms de domaine. Par exemple : « newsrss.bbc.co.uk ». Si un nom de domaine est bloqué, essayez de découvrir si le contenu est disponible avec un autre nom de domaine. Vous pouvez également essayer d’accéder aux versions spéciales que certains sites Web proposent pour les smartphones. Il s’agit souvent des mêmes URL, au début desquelles on ajoute « m » ou « mobile », par exemple :

  • http://m.google.com/mail (Gmail) ;
  • http://mobile.twitter.com ;
  • http://m.facebook.com ou http://touch.facebook.com ;
  • http://m.flickr.com ;
  • http://m.spiegel.de ;
  • http://m.hushmail.com.

7-3. Utiliser des sites tiers▲

Il y a de nombreuses manières d’accéder au contenu d’une page web en passant par un site tiers plutôt que par le site source. Image non disponible

7-3-1. Les pages en cache▲

De nombreux moteurs de recherche conservent des copies de pages Web précédemment indexées que l’on appelle les pages en cache. Lorsque vous recherchez un site Web, cherchez le petit lien « En cache » à côté de vos résultats de recherche. Dans la mesure où vous récupérez une copie de la page bloquée depuis les serveurs du moteur de recherche, et non pas depuis le site, il se peut que vous puissiez accéder au contenu bloqué. Certains pays ont cependant entrepris de bloquer également les services de cache. Image non disponible

7-3-2. Agrégateurs RSS▲

Les agrégateurs RSS (Really Simple Syndication, comprenez « syndication vraiment simple ») sont des sites Web qui vous permettent de vous abonner et de lire les flux RSS qui sont constitués des actualités ou autres contenus proposés par les sites que vous avez choisis. Pour en savoir davantage sur leur utilisation, consultez http://rssexplained.blogspot.com. Un agrégateur RSS se connecte aux sites, télécharge les flux que vous avez sélectionnés, et les affiche. C’est l’agrégateur RSS qui se connecte aux sites Web, pas vous. Vous pourrez donc peut-être accéder de cette manière au contenu des sites bloqués. Cette technique n’est valable que pour les sites Web qui offrent un flux RSS de leur contenu, bien entendu, tels que les weblogs et les sites d’information. Il y a de nombreux agrégateurs RSS en ligne gratuits comme Google Reader http://reader.google.com, Bloglines http://www.bloglines.com ou FriendFeed http://friendfeed.com. Ci-dessous, un exemple d’affichage de liens par Google Reader : Image non disponible

7-3-3. Traducteurs▲

Il existe de nombreux traducteurs linguistiques en ligne, souvent fournis par les moteurs de recherche. Si vous consultez un site Web par l’intermédiaire d’un service de traduction, c’est ce service qui accède au site, pas vous. Cela vous permet de lire du contenu bloqué traduit dans de nombreuses langues différentes. Vous pouvez utiliser le service de traduction pour contourner le blocage, même si vous n’avez pas besoin de traduire le texte. Vous le faites en choisissant comme langue source une langue qui n’apparait pas sur la page Web originale vers une langue quelconque. Par exemple, pour utiliser un tel service afin de voir un site Web en anglais, choisissez la traduction du chinois en anglais. Le service de traduction ne traduira que les sections en chinois, s’il y en a, et laissera inchangées les sections en langue anglaise qui constituent le reste de la page. Parmi les services de traduction les plus connus, on trouve Babelfish http://babelfish.yahoo.com et Google Traduction http://translate.google.com. L’exemple ci-dessous illustre les trois étapes nécessaires pour consulter une page dans Babelfish. D’abord, renseignez l’URL de la page Web que vous voulez visiter : Image non disponible Choisissez ensuite la langue dans laquelle vous souhaitez lire le site Web. Dans cet exemple nous disons à Babelfish de traduire du coréen en anglais. Puisqu’il n’y a pas de coréen dans le texte d’origine, la page restera identique. Image non disponible Une fois la langue choisie, cliquez sur « Translate » et la page s’affiche. Image non disponible Bien sûr, il faut que le site de traduction lui-même soit accessible, ce qui n’est pas toujours le cas car les autorités qui exercent le blocage connaissent l’utilisation possible des outils de traduction pour le contournement. D’après http://www.herdict.org, le site http://translate.google.com n’est pas accessible en Arabie saoudite.

7-3-4. Les filtres à faible bande passante▲

Il s’agit de services Web conçus pour rendre la navigation Web plus facile dans les endroits où les vitesses de connexion sont restreintes. Ils suppriment ou réduisent les images, enlèvent les publicités et compressent le site Web pour faire en sorte qu’il soit plus léger et se télécharge plus rapidement. Comme pour les services d’agrégation ou de traduction, vous pouvez aussi utiliser les filtres à faible bande passante pour contourner le blocage de sites en les consultants depuis ce service plutôt que depuis votre ordinateur. Un filtre à faible bande passante utile est disponible à cette adresse http://loband.org.

7-3-5. Les archives du Web▲

Le site archive.org « Wayback Engine » sur http://www.archive.org/web/web.php permet aux utilisateurs de voir des versions archivées de pages Web. Des millions de sites Web et les données associées (images, code source, documents, etc.) sont sauvegardées dans une immense banque de données. Tous les sites Web ne sont pas disponibles cependant, certains propriétaires de sites Web choisissent d’en exclure leur site et les sauvegardes prennent longtemps avant d’être ajoutées.

7-4. Utiliser les services d’e-mail▲

Les services d’e-mail et de webmail peuvent être utilisés pour partager des documents avec des groupes d’amis ou de collègues, et même naviguer sur le Web.

7-4-1. Accéder aux pages Web via l’e-mail▲

À l’instar des filtres à faible bande passante, il existe des services destinés aux connexions Internet lentes ou instables qui permettent de demander une page Web par e-mail. Ces services envoient une réponse e-mail contenant la page Web demandée dans le corps du message ou bien comme pièce jointe. Ils peuvent être assez inconfortables à utiliser, puisqu’il faut envoyer une requête séparée pour chaque page Web et attendre la réponse. Dans certaines situations, ils peuvent être très efficaces pour atteindre des pages Web bloquées, tout spécialement en accédant à un service de webmail sécurisé.

7-4-2. Web2mail▲

L’un de ces services est web2mail, http://web2mail.com/. Pour l’utiliser, envoyez un e-mail à www@web2mail.comwww@web2mail.com contenant l’adresse URL de la page Web que vous voulez consulter dans l’objet du message. Vous pouvez aussi effectuer des recherches Web simples en indiquant les termes dans le sujet. Par exemple, vous pouvez chercher des outils pour le contournement de la censure en tapant : « rechercher outils contournement censure » dans l’objet de l’e-mail puis en l’envoyant à .

7-4-3. EmailTheWeb▲

Un autre service du même genre, EmailTheWeb, http://www.emailtheweb.com, permet d’envoyer une page Web à n’importe qui, y compris vous-même. Pour envoyer une page par e-mail, vous devrez vous inscrire sur le site ou bien utiliser votre compte Gmail. Le service gratuit vous permet d’envoyer jusqu’à 25 pages par jour. Vous trouverez davantage d’information et de support sur ce sujet sur la liste de diffusion ACCMAIL. Pour vous y enregistrer, envoyez un e-mail contenant « SUBSCRIBE ACCMAIL » dans le corps du message à contact .

7-4-4. RSS vers e-mail▲

Certaines plateformes offrent un service similaire au Web vers e-mail, mais avec les flux RSS plutôt que des pages Web. Voici une liste non exhaustive : https://www.feedmyinbox.com ; http://www.myrssalerts.com ; http://www.feedmailer.net ;

http://blogtrottr.com.

7-4-5. FoE▲

Le service FoE(Feed over Email, comprenez « transmission par e-mail ») est un autre projet du même genre. Créé par Sho Sing Ho du Broadcasting Board of Governors, il est toujours en cours de développement à l’heure où ces lignes sont écrites. La progression du projet peut être suivie ici : http://code.google.com/p/foe-project.

7-4-6. Sabznameh▲

Si vous cherchez à accéder aux informations persanes censurées depuis l’intérieur des frontières de l’Iran, vous devriez vous intéresser à Sabznameh. Cette plateforme robuste et évolutive de Feed over Email permet à des lecteurs de nouvelles indépendantes d’accéder par e-mail aux contenus bloqués. Le moyen le plus simple d’accéder à Sabznameh est d’envoyer un e-mail vide (sans sujet ni corps) à contact . Ainsi vous pouvez vous enregistrer même sans avoir accès à http://sabznameh.com. Vous recevrez en réponse un e-mail qui vous guidera étape par étape pour vous